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Entre l’incompréhension, le doute, la douleur et la joie de guérir, Alexandrie est passée par toutes les émotions après avoir attrapé le coronavirus. Pour Sputnik, elle revient sur son expérience. Témoignage.

«Aujourd’hui, je vais mieux.»

Alexandrie fait partie des chanceux. En France, sur 119.151 cas confirmés, 40.657 patients ont guéri du Covid-19 au 23 avril. Après quasiment 30 jours de convalescence, elle se réjouit au micro de Sputnik de son rétablissement, même si elle conserve «quelques séquelles». La jeune mère de famille se remémore les premiers symptômes.

«Je ne comprends pas tout de suite que j’ai le Covid-19. Au départ, je pensais avoir un petit rhume, car j’ai mal à la gorge […]. Mais quelques jours après, je commence à avoir une douleur thoracique comme je n’avais jamais senti dans ma vie, j’ai l’impression que mon corps est coupé en deux.»

Et de poursuivre:

«Je me dis que ce n’est pas normal. Je n’appelle pas le 15, mais mon médecin traitant m’a de suite conseillé d’aller faire un scanner thoracique pour vérifier s’il n’y avait pas de pneumopathie.»

Alexandrie décide donc d’appeler l’hôpital près de son domicile pour fixer un rendez-vous. Après discussion, et une suspicion de Covid-19, l’accueil lui explique qu’elle ne serait pas prise en charge à cet endroit et la redirige vers celui de Melun (77).

«Les médecins de cet hôpital me disent de venir rapidement […] Au départ, je ne suis pas paniquée, même si je parlais comme Dark Vador» s’amuse-t-elle.

À son arrivée à l’hôpital de Melun, Alexandrie se voit placée dans une tente à l’extérieur du bâtiment.

Déni face à la maladie

«On me demande ce que j’ai, mais moi je reste focalisée sur mon scanner, donc je dis que je viens pour en passer un.»

«Et là, on me dit que non, on va vous ausculter d’abord […] Puis quelqu’un vient me chercher pour m’accompagner dans une chambre et m’explique que je ne dois plus sortir de là, que je suis confinée pour des raisons de sécurité vis-à-vis du personnel.»

Stupeur pour la mère de famille, qui apprend qu’elle doit être a priori hospitalisée. «Je suis paniquée, car ce n’est pas d’avoir le Covid-19 qui est important, mais surtout de savoir si sa forme est grave.»

«Confinée dans cette chambre, on se retrouve face à la réalité. Comme je n’avais pas envie de faire partie des chiffres, je voulais rentrer chez moi. Rester à l’hôpital, ça veut dire danger, peut-être mourir. Je n’étais pas prête du tout à entendre ce genre de chose. Je voulais revoir mon mari, mes enfants. C’est pour ça que je voulais qu’on se soit trompé de personne.»

Après une batterie d’examen, le verdict tombe. Alexandrie a le Covid-19. Étant donné, «que c’était le tout début du confinement […] et que l’on attendait des gens qui avaient des formes beaucoup plus graves que moi, on m’a autorisé à rentrer chez moi.»

Une très longue convalescence

Malgré cet ascenseur émotionnel vécu durant cette visite médicale, puis sa très longue convalescence à domicile, ponctuée de très fortes douleurs, Alexandrie confesse qu’elle essaie de tirer du «positif de cette expérience.»

«Cela m’a ramené à l’essentiel, à savoir la famille, la nature et le plaisir de respirer. Finalement, lorsque l’on a eu beaucoup de mal à le faire, quand on n’est pas passé loin de quelque chose de très grave, tous les matins, respirer […] C’est un bonheur. Je suis heureuse de pouvoir profiter de la vie.»

Dans cette satisfaction de pouvoir refaire les petits gestes du quotidien comme monter des escaliers sans être essoufflée, ou tout simplement marcher, Alexandrie n’oublie pas de souligner le rôle crucial du personnel hospitalier.

«Je les remercie vraiment pour leur efficacité, pour leurs mots, parce qu’ils ont été rassurants. Au vu de leurs moyens, je suis vraiment en admiration. Mais je remercie aussi toutes les personnes qui font que ce pays vit», conclut Alexandrie.

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