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Au moment où Emmanuel Macron demande au gouvernement «d’accélérer» ses propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre, le collectif «Vérité pour Adama Traoré» organise une conférence de presse et annonce une nouvelle manifestation. Assa Traoré, leader du collectif, a répondu aux questions de Sputnik.

Ce mardi 9 juin, la famille d’Adama Traoré, le jeune homme décédé lors de son interpellation par les gendarmes en juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), a réuni des journalistes dans une rue du Xe arrondissement de Paris.

Forts d’un soutien de quelque 20.000 personnes, rassemblées le 2 juin dernier sur le parvis devant le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris pour réclamer «Justice pour Adama», les proches annoncent une action d’envergure samedi 13 juin: «On ne demande pas que les discussions se fassent dans des salons de thé à l’Élysée, on demande des actes judiciaires», a clamé Assa Traoré, la sœur ainée d’Adama lors de cette conférence de presse.

Critiquant violemment les expertises (souvent contradictoires) pratiquées dans le cadre de l’enquête sur la mort de son frère, les qualifiant de «bidon et faites par les charlatans», Assa Traoré dénonce au micro de Sputnik «un déni de justice».

Manifestation devant le TGI en soutien à la famille Traoré

Sans autorisation officielle, des milliers de personnes se sont réunies en signe de soutien au collectif «Vérité pour Adama Traoré» face du TGI de Paris, au moment où était rendue publique une nouvelle expertise, réalisée à la demande de la famille d’Adama Traoré. Celle-ci met en cause les gendarmes dans la mort du jeune homme. Un certain nombre de débordements ont étés constatés à l’issue de la manifestation, critiquée également par les manifestants, qui y voient un signe compromettant leurs revendications de justice.

L’activiste tient pour «seul responsable» des incidents violents dans la soirée du 2 juin le préfet Lallement, qui a «pendant quelques heures attisé cette effervescence en mettant sur les réseaux sociaux l’interdiction de la manifestation».

«Cela fait quatre ans que le Comité Adama fait des rassemblements, ils se passent toujours très bien. [Les incidents, ndlr] se sont passés en marge de notre action, après sa fin», déclare Assa Traoré à Sputnik.

En affirmant que la France serait «le seul pays» au monde où les rassemblements «pour que le peuple puisse s’exprimer» ne sont pas autorisés, Assa Traoré précise avoir eu une visite de la police à son domicile le matin du rassemblement du 2 juin.

Adama et Floyd, deux noms qui «se font écho»

«La mobilisation continue dans la rue, avec le peuple français», déclare Assa Traoré, face à une vingtaine de journalistes présents à la conférence de presse ce midi, «S’il le faut, toutes les semaines, nous sortirons dans la rue.»

«Le nom de Georges Floyd, mort sous le poids des trois policiers, a glacé la planète entière. Son nom a tout de suite fait écho avec le nom d’Adama Traoré», souligne Assa Traoré à Sputnik.

Néanmoins, le collectif «Justice pour Adama» ne participera pas ce soir à une autre manifestation, place de la République, organisée par SOS Racisme, pour rendre hommage à George Floyd, dont les funérailles auront lieu au même moment aux États-Unis.

«La grande manifestation est celle qui a eu lieu le 2 juin. Et celle qui aura lieu samedi [prochain, ndlr]. Aujourd’hui, la manifestation dénonce seulement ce qui se passe aux États-Unis et non en France. On garde nos voix, nous ne sommes pas dans la récupération», conclut Assa Traoré à notre micro.

Plus tôt dans la matinée, Édouard Philippe a rencontré à Évry, dans l’Essonne, des policiers et des membres d’une association d’insertion, au lendemain d’annonces du gouvernement pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre face à une mobilisation contre les violences policières.

 

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Tags:
contestation, manifestation, France, violences policières, police
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