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Auditionné au Sénat en 2010, Didier Raoult avait exprimé ses inquiétudes et propositions afin de remédier au système de gestion épidémique en France «sous-développé», derrière l'Italie et les États-Unis.

Au cœur de vives discussions en 2020, le professeur Didier Raoult avait déjà pointé les difficultés de la gestion et les risques il y a 10 ans lorsqu'il était auditionné sur «la première pandémie du XXIe siècle» de grippe H1N1.

Intervenant devant la commission d’enquête le 26 mai 2010, le docteur Raoult avait dénoncé «la culture sur les maladies infectieuses en France.

Selon son leitmotiv, la gestion d'une épidémie est similaire à une guerre: «On ne peut pas prévoir ce que l’on ne vit pas au quotidien. Vous ne pouvez pas décider un plan de guerre et ne pas le changer au jour le jour. La guerre, ça change tous les jours. Il faut des sources et des pôles de compétences: il faut associer du diagnostic, du soin et du terrain».

«Pôles de compétences»

Parmi ses préconisations depuis 2003 figure la mise en place de «nouvelles structures», à savoir des «pôles de compétences» à l'échelle nationale. Dans le même temps, les points d'appui sont les CHU, de «vrais grands centres de compétences», selon lui, alors directeur de l’Unité mixte de recherche des Rickettsies à la faculté de médecine de Marseille.

À l'intérieur des hôpitaux, son idée était d'implanter une «autorité unique» pouvant «imposer de bonnes pratiques».

«Les crises ne sont pas indépendantes et les hommes qui les gèrent ne sont pas différents. Il faut créer de la compétence regroupée sur des sites qui soient des sites réels et pas des ministères. Même si vous dédiez des parties d’un service de médecine interne aux maladies infectieuses, vous développerez de la compétence», a-t-il insisté.

«Retard structurel»

Évaluant les infrastructures en France, Didier Raoult a indiqué que la France n'était pas en premières lignes, derrière les États-Unis et l'Italie.

«Les Américains ont une très grande avance: chaque crise augmente de l’infrastructure. Nous, nous répondons à l’inquiétude sociale et au besoin politique mais ne construisons pas sur le long terme. L’Italie a très bien fait ça sur le sida: ils ont dit qu’il leur fallait réinventer les hôpitaux de maladies infectieuses (Milan et Rome). Nous sommes sous-développés par rapport à eux. Nous avons un retard structurel dans les infrastructures.»

Prochaine audition

Le professeur marseillais doit être entendu le 24 juin. Le 30 juin, soit après le second tour des municipales, sera auditionnée l'ex-ministre de la Santé et candidate LREM à la mairie de Paris Agnès Buzyn.

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Tags:
Covid-19, grippe, épidémie, Sénat français, Didier Raoult
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