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Le mouvement de colère des policiers protestant contre la suppression de la technique d’étranglement lors des arrestations s’est poursuivi dans la nuit du 12 au 13 juin. Plus d’une centaine de policiers ont répété leur action symbolique de jet de menottes devant la préfecture de Bobigny.

Plusieurs dizaines de policiers se sont de nouveau rassemblés dans la nuit du 12 au 13 juin devant la préfecture de Bobigny dans le cadre d’une nouvelle protestation. Dénonçant l'interdiction par le ministre de l'Intérieur de la technique dite «de l'étranglement» lors des arrestations, plus d’une centaine d’agents de police ont jeté vers minuit symboliquement leurs menottes au sol.

La vidéo montrant l’action a été filmée sur les lieux par le journaliste Remy Buisine.

«Ils annoncent la poursuite du mouvement tant que la technique d’interpellation de "l’étranglement" n’est pas de nouveau autorisée», indique la légende de la publication.

Source du mécontentement policier

Lors d'une conférence de presse le 8 juin, Christophe Castaner a prôné la «tolérance zéro» face au racisme dans les forces de l'ordre. Il a estimé que la suspension serait «systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré» en la matière. Le ministre de l’Intérieur a en outre promis que la méthode d'interpellation controversée de la prise par le cou, dite de l'étranglement, serait abandonnée.

Face à ces annonces du ministre, s’estimant «lâchés en pâture» par le «premier flic de France», plusieurs policiers ont manifesté et exigé le rétablissement de la technique controversée d'interpellation «par étranglement». Les actions de jet de menottes se sont déroulées les 11 et 12 juin à travers toute la France. Notamment à l’appel du syndicat Unité SGP Police, des rassemblements ont eu lieu à Marseille, Nice, Bordeaux, Bobigny, Toulouse ou encore Lille.

Castaner évoque «une connerie»

À la suite des rencontres avec des syndicats policiers les 11 et 12 juin, Christophe Castaner a finalement confirmé la suppression de la technique d'interpellation dite «d’étranglement». Le ministre français de l’Intérieur a toutefois reconnu «une connerie», «une maladresse» de langage quand il avait annoncé la suspension de tout fonctionnaire en cas de «soupçon avéré» de racisme, selon les syndicalistes. Cette suspension conservatoire ne peut être décidée qu'en cas de «faits avérés», insistent de nouveau MM. Castaner et Nuñez, cités par l'AFP.

Grogne sociale contre le racisme

Ces dernières semaines, des manifestations ont été organisées en France pour dénoncer des brutalités policières dans le sillage du mouvement aux États-Unis ayant suivi le meurtre de George Floyd, mort après avoir été plaqué au sol, un genou d'un policier sur son cou. En France, les manifestants associent la mort de cet Afro-Américain à la mort d’Adama Traoré.

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Tags:
Christophe Castaner, France, Bobigny, policier, police
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