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Après le lancement en grande pompe du «Ségur de la santé» par le gouvernement, les soignants continuent de se mobiliser. Plus de 220 rassemblements se sont déroulés ce 16 juin à travers toute la France. Passé la crise sanitaire, les personnels hospitaliers enjoignent désormais à l’exécutif de tenir ses promesses.

«Soignants en colère», «“Héros” en danger».

En plein «Ségur de la santé», les personnels hospitaliers se sont mobilisés ce mardi 16 juin dans plusieurs villes françaises, à l’appel de dizaines d’organisations syndicales, dont les collectifs Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, la CGT, FO, Sud ou encore UNSA. L’objectif? Maintenir la pression sur le gouvernement, qui a annoncé un «plan massif d’investissement et de revalorisation» du secteur hospitalier, mais dont les concours tardent à se dessiner.

À paris, plusieurs milliers de manifestants ont décidé d’exprimer leurs revendications devant le ministère de la Santé.

Macron fait des promesses pour la santé

Lors de l’épidémie, Emmanuel Macron n’a eu de cesse de souligner l’importance des soignants, saluant notamment ces «héros en blouse blanche». Pour récompenser cet effort, le gouvernement a prévu de leur rendre un hommage national le 14 juillet, de donner à certains personnels une médaille de l’engagement. Par ailleurs, une prime allant jusqu’à 1.500 euros sera versée aux soignants qui officient dans les départements les plus touchés par la crise.

Le 25 mars dernier, le chef de l’Etat a également promis que la réponse du gouvernement à la crise du système de santé «sera profonde et dans la durée». Une déclaration qui avait suscité l’espoir. Pourtant, quelques semaines après le lancement en grande pompe du Ségur de la santé fin mai, c’est la douche froide.

«Il y a une situation de crise qui perdure dans les hôpitaux et le Ségur est une grande foutaise», a déclaré sur BFMTV Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF).

François Salachas, neurologue à la Pitié-Salpêtrière et représentant du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) explique, quant à lui, dans L’Obs que «nous sommes déçus et mécontents. Mécontents, car le ton d’Édouard Philippe à l’ouverture [du Ségur, ndlr] n’avait rien à voir avec les déclarations volontaristes d’Emmanuel Macron.»

À l’hôpital, 17.500 lits volatilisés en six ans

Un décalage entre les paroles et les actes qui exaspère. L’un des griefs reprochés à l’exécutif porte sur la «revalorisation générale des salaires» de 300 euros net mensuels pour tous les agents hospitaliers. Si Olivier Véran a déclaré au JDD qu’«il faut travailler sur une hausse des salaires des soignants, au-delà des primes», les syndicats estiment que cela est loin d’être acquis.

Au rang des autres revendications, ils souhaitent la mise en place d’un «plan de formation pluridisciplinaire et d’un plan recrutement de personnel», le «renforcement des moyens finan­ciers significatifs pour les établissements». Avec la crise du Covid-19, qui a démontré l’importance d’accueillir les patients dans de bonnes conditions, les syndicats réclament «l’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits». En six ans, ce sont près de 17.500 lits qui ont disparu de l’hôpital public.

En outre, selon les soignants, il faut mettre en place «de réelles mesures qui garantissent l’accès, la proximité et l’égalité de la prise en charge pour la population sur tout le territoire». Autant de points sur lesquels le gouvernement devra répondre d’ici fin juillet.

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