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Le procureur de la République de Nantes a expliqué pourquoi le suspect de l’incendie de la cathédrale avait été relâché suite à une première garde à vue. Dans un entretien à Ouest-France, il livre plusieurs révélations à propos du prévenu, en situation irrégulière sur le territoire.

Le suspect de l’incendie de la cathédrale de Nantes, qui a depuis avoué les faits, a été relâché après une première garde à vue faute de preuves, explique dans un entretien à Ouest-France Pierre Sennès, procureur de la République en charge de l’affaire.

Après sa première interpellation, les enquêteurs ont interrogé le suspect sur «un certain nombre de points notamment son emploi du temps», sans pouvoir rassembler assez d’éléments pour garder le bénévole du diocèse en détention, selon le procureur.

«Il a été remis en liberté car, au terme de cette première garde à vue, nous avions considéré qu’il n’y avait pas d’éléments à charge suffisants pour engager les poursuites. Ce n’était pas du tout une stratégie d’enquête», a confié Pierre Sennès à Ouest-France.

Ce n’est qu’après «un travail considérable de la police judiciaire» que les enquêteurs ont pu déceler des incohérences dans les déclarations du suspect.

 Il a notamment fallu se servir des caméras installées aux alentours de l’édifice, la cathédrale ne disposant pas de son propre système de vidéosurveillance.

Les investigations ont ainsi permis de déterminer la présence du suspect dans le secteur de la cathédrale, au moment où le feu s’est déclaré.

«On a constaté, sur deux des trois sites où ont eu lieu des départs de feu, des éléments troublants, qui pouvaient corroborer une intervention extérieure et un geste criminel. On a retrouvé, par exemple, un produit inflammable, qui pourrait avoir été utilisé pour allumer l’incendie», explique le procureur.

En situation irrégulière

Le suspect, un Rwandais de 39 ans qui officiait comme bénévole pour le diocèse, s’est finalement avéré être en situation irrégulière. 

Il faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire, précise Pierre Sennès. Il s’était plaint de sa situation administrative auprès du diocèse et des autorités compétentes.

L’homme a finalement reconnu être à l’origine des trois départs de feu qui avaient provoqué l’incendie de la cathédrale. Il risque jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende.

L’incendie s’était déclaré dans la cathédrale de Nantes le 18 juillet, consumant en particulier le grand orgue datant de 1621 et une verrière du XVIe siècle. 104 pompiers et 45 engins avaient dû être mobilisés pour maîtriser les flammes.

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Tags:
réfugiés, incendie, cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, Nantes
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