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Le Secours populaire a publié son baromètre de la pauvreté témoignant des premiers effets de la crise sanitaire sur la population française. Près d’un tiers de celle-ci déclare avoir perdu des revenus, tandis que l’association voit le nombre de ses bénéficiaires exploser.

Mercredi 30 septembre, le Secours populaire a dévoilé le baromètre Ipsos de la pauvreté, avec des chiffres qui démontrent un important basculement des Français dans la précarité. Depuis le mois de février, début de la crise sanitaire, un tiers reconnaît avoir perdu des revenus en arrivant juste à boucler leur budget, 18% n’y arrivent pas.

«43% de ceux qui ont vu leurs revenus fondre sont des actifs. Car certains d’eux ont été mis au chômage partiel et leur entreprise n’a pas compensé la perte de salaire», indique le secrétaire national de l’association, Jean Stellittano.

Des chefs d’entreprise sont également concernés, contraints de diminuer leur rémunération pour sauver leur société. Nombre de Français ont ainsi dû se limiter, parfois drastiquement, dans leurs choix de consommation. Certains ont reporté des soins médicaux, environ 40% ont décidé de sacrifier la qualité des produits alimentaires, 64% y sont contraints.

Autre chiffre inquiétant: 57% des personnes interrogées ont déclaré craindre de basculer dans la pauvreté. Évoquant le chômage partiel et l’aide aux ménages bénéficiaires de minima sociaux, M. Stellittano estime que les ménages ont généralement pu tenir jusqu’ici. «Mais l’on sait que certains ont aussi contracté des crédits à la consommation, sont récemment devenus bénéficiaires du RSA, ou sont en train de perdre leur emploi», prévient-il.

Le Secours populaire largement sollicité

Les recours au Secours populaire devraient exploser en 2020, comme en témoigne les chiffres déjà publiés par l’association. Celle-ci a aidé 3,3 millions de personnes en 2019, mais ils ont été près d’1,3 million à franchir sa porte rien que pendant les deux mois de confinement. Parmi eux, 45% n’avaient jamais eu besoin du Secours populaire auparavant.

«Nous n'avons jamais vécu une situation pareille depuis la Deuxième Guerre mondiale, et il y a urgence pour aider tous ces gens», alerte auprès de l’AFP Henriette Steinberg, la responsable associative. «Non seulement ils n'ont plus de quoi se nourrir, mais ils ne peuvent plus payer leur loyer ni l'électricité».

«Des familles monoparentales, des personnes âgées, des étudiants, mais aussi intérimaires, travailleurs indépendants, aides à domiciles, artisans», énumère le secrétaire national, lequel craint que davantage de personnes arrivent cet hiver.

Bien que l’association ait reçu 3,3 millions d’euros de l’État cet été, elle estime que ce montant ne suffira pas à aider son nombre toujours plus élevé de bénéficiaires. «Il faut un vrai plan pauvreté à la hauteur du plan de relance», conclut Jean Stellittano.

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Tags:
précarité, chômage, revenus, crise économique, pauvreté, Secours populaire
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