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Alors que le nombre de cas positifs au Covid-19 atteint des sommets, les propriétaires de salles de sport et fitness se mobilisent. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le ministère de la Santé pour demander la réouverture de leurs locaux avec la mise en place d’un protocole sanitaire renforcé. Sputnik était sur place.

Laissez-nous transpirer! Cela pourrait être le leitmotiv des propriétaires de clubs de sport, des adeptes du fitness et autres leveurs de fonte. Depuis le 26 septembre dernier, date de la fermeture des centres sportifs dans plusieurs grandes villes classées «zone d’alerte renforcée» contre le Covid-19, la colère est toujours vive chez les exploitants. Ce vendredi 9 octobre à Paris, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant le ministère de la Santé afin d’interpeller le gouvernement sur leurs difficultés.

​Au micro de Sputnik, Joseph Vieville, patron du groupe Le Five –du football à 5–, explique que malgré plusieurs rendez-vous, un au ministère de la Santé à la suite d’une manifestation le 28 septembre dernier, puis un autre cette semaine au ministère des Sports, «on est loin d’obtenir quoi que ce soit au niveau économique».

«L’aide de 10.000 euros est en train de se mettre en place, mais tout le monde n’est pas éligible», déplore-t-il.

Roxana Maracineanu, ministre déléguée chargée des Sports, a néanmoins promis sur Europe 1, le 28 septembre dernier, que le manque à gagner serait «totalement compensé». Et de préciser qu’«il y aura jusqu'à 10.000 euros d'aides pour ce mois-ci, par propriétaire de salle de sport, et une exonération des charges». Suffisant pour éviter les faillites?

Pour Joseph Vieville, la situation est désormais critique. En effet, le patron du groupe Le Five a été contraint de fermer plusieurs centres.

​Lors de la période de confinement, ce sont 5 millions d’euros qui ont été perdus. Depuis deux semaines, la perte s’élève à 350.000 euros alors qu’il observait des  «signaux positifs» de reprise d’activité.

Risque de faillite

Selon lui, sous peine de voir de nombreux entrepreneurs mettre la clé sous la porte, la seule solution viable serait une réouverture rapide, avec un renforcement des protocoles sanitaires.

«Nos salles de sport sont organisées sous protocole sanitaire: personne ne se touche, personne ne se voit, personne ne se croise ou en tout cas le moins possible. On porte des masques, on interagit le moins possible, les vestiaires sont fermés», énumère Joseph Vievielle.

Des mesures qui ne semblent pas suffire au gouvernement. Le 23 septembre dernier, Olivier Véran, ministre de la Santé, expliquait que la décision de fermer ces centres était motivée par la volonté d’endiguer la progression du virus.

«Ce n’est pas de la responsabilité ou de la faute des personnes qui tiennent ces salles, mais tous les endroits clos où on ne porte pas de masque, où il peut y avoir de la sueur, sont des endroits hélas propices à la diffusion de virus, c’est ce que nous disent les scientifiques et les médecins, et [c’est] ce qui est fait dans tous les pays du monde qui font face à une recrudescence», a-t-il déclaré.

Bras de fer avec les préfets

Pourtant, la filière se défend d’être un vecteur de propagation. Selon le délégué général de l’Union sport et cycles, Virgile Caillet, «207 cas de Covid-19 auraient été recensés sur près de 27 millions de passages depuis le 1er août», a-t-il affirmé sur RTL le 25 septembre. Des chiffres à prendre avec réserve puisqu’ils proviennent uniquement des déclarations des adhérents, souligne Slate.

Ces nouvelles restrictions sont néanmoins jugées «disproportionnées» et «incompréhensibles». Elles pourraient mettre en péril un secteur qui pèse près de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie plus de 35.000 personnes. Certains propriétaires ont entamé des bras de fer avec les autorités publiques. Le syndicat professionnel France Active, représentant les salles de sport et de fitness, a donc déposé mercredi 7 octobre des référés auprès des tribunaux administratifs où les salles de sport ont dû fermer sur décision des préfets.

Des actions qui pourraient changer la donne. À Rennes par exemple, l'interdiction d'ouverture «porte une atteinte grave et immédiate à la situation économique et financière déjà dégradée par la fermeture imposée par le confinement», a indiqué le juge administratif. Dans la ville de Toulouse, les salles ont pu reprendre leur activité. Ou encore, l'arrêté du préfet de police de Paris, qui a été retoqué une première fois, le tribunal administratif estimant qu’aucun foyer de contamination n’avait été recensé dans une salle de sport. Une décision qui a obligé le préfet à prendre un nouvel arrêté.

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Covid-19, sport
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