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Après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, le ministre de l'Intérieur a annoncé l’expulsion de 231 étrangers radicalisés connus. Le délégué général du Conseil français du culte musulman commente la décision pour Sputnik.

Suite à l’acte terroriste sanglant qui a ébranlé vendredi 16 octobre la communauté des enseignants ainsi que toute la France, le gouvernement a voulu prendre des mesures fortes. Il a annoncé notamment, par la voix de Gérald Darmanin, la dissolution de plusieurs dizaines d’associations et l’expulsion de 231 étrangers radicalisés.

Abdallah Zekri, président de l'Observatoire de lutte contre l'islamophobie et délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM) confirme au micro de Sputnik «une accélération du calendrier d’expulsion», déjà annoncée par le ministre de l’Intérieur juste après l’attaque près des anciens bureaux de Charlie Hebdo.

Qualifiant l’attentat d’«acte horrible, horrifiant, terrifiant, ignoble» à l’égard d’un homme «à qui on a coupé la tête uniquement pour le faire taire par rapport à sa liberté d’expression», Abdallah Zekri insiste:

«On ne peut pas cautionner de tels actes, ni nous, ni même si le prophète était en vie, je ne pense pas qu’il aurait accepté qu’on tue quelqu’un à cause de lui».

Le dernier acte terroriste, ainsi que l’attaque à l’arme blanche du 25 septembre, en plein procès de Charlie Hebdo, sont pour lui les signes d’une «cristallisation des rapports entre les différents groupes».

«Ce qui est malheureux c’est qu’on tue au nom de notre religion et nous, on devient victimes et otages de ces terroristes. Et cela, c’est inacceptable», déplore le président de l'Observatoire de lutte contre l'islamophobie appelant à ce que «les actes de barbarie» cessent.

«Renforcement» de la laïcité

Face aux récentes déclarations de Gérald Darmanin suggérant d'expulser les étrangers fichés S et surtout, suite à la prise de parole d’Emmanuel Macron qui souhaite durcir le projet de loi contre l’islam radical le délégué général du CFCM reste attentif aux formulations.

«Ce projet de loi, on ne l’a pas vu. On doit nous le transmettre. Je ne dis pas que je le soutiens, il faut que je lise le projet de loi pour pouvoir en discuter. J’ai déjà été contre le terme de “séparatisme islamique”. Si séparatisme il y a, c’est un séparatisme qu’il faut écrire avec un gros S à la fin parce qu’il n’y a pas un séparatisme islamique, il y a des séparatismes en France», détaille Abdallah Zekri.

On promet aux associations que «ce mot» [de séparatisme islamique, ndrl] ne va plus figurer dans le projet de loi et qu’«on va parler du renforcement de la laïcité», explique l’interlocuteur de Sputnik.

«Quand je dis “nous”, c’est tous les responsables du culte, que ce soit musulman, catholique, juif, protestant, etc. Le Président de la République, avec le ministre de l’Intérieur, s’est engagé à nous envoyer ce projet pour qu’on puisse jeter un coup d’œil, faire des remarques, faire des propositions éventuellement», rappelle Abdallah Zekri.

Il appelle par ailleurs à une «vigilance» face au projet de loi, afin qu’il ne «dépasse des règles» ou ne «porte pas atteinte à la Constitution».

Les «discours inacceptables» qui font du tort aux musulmans français

Condamnant «avec force» une fois de plus l’assassinat du professeur à Conflans-Sainte-Honorine, le délégué général du CFCM rappelle la réunion organisée en urgence par le ministre de l’Intérieur avec des préfets.

«M.Darmanin a pris une décision de faire un recensement dans les départements par rapport à là où il y a des discours [islamistes, ndlr]. Il y a une mosquée par exemple à Marseille où je connais la personne qui fait des discours qui sont inacceptables, qu’on ne peut faire ni en Algérie, ni au Maroc, ni dans un autre pays, pourquoi les fait-il en France?» s’insurge-t-il.

Ainsi, Abdallah Zekri rappelle le désir des musulmans de France de «vivre en paix», «pour pratiquer notre religion dans la sérénité».

«Nous avons quelques individus qui à nous, musulmans, portent atteinte par leurs discours et par leurs déclarations», conclut-il, amer.
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