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Controverse autour de la loi «Sécurité globale» (35)
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Quelques heures après un rassemblement à Paris contre la loi Sécurité globale, Christophe Castaner a essayé dans une tribune d’assurer aux journalistes que la loi ne portera pas atteinte à la liberté d'informer. Toutefois, certains n’ont pas cru l’ex-ministre de l’Intérieur et ont trouvé «sa déclaration d’amour» «ridicule».

Évoquant «une semaine pleine de malentendus» dans le contexte des débats sur la proposition de loi relative à une sécurité globale, Christophe Castaner a décidé d’écrire aux journalistes «une déclaration d’amour peu usuelle» qui a été publiée dans le Journal du dimanche (JDD) dans la soirée du samedi 21 novembre.

Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale a notamment assuré que l’article 24 sur la diffusion des visages des policiers n’avait pour but que de «mieux protéger les forces de l'ordre, sans jamais porter atteinte à la liberté d'informer».

«Chers journalistes, c'est notre éthique de défendre votre liberté d'informer. Nous refusons de vous confondre avec les bonimenteurs de haine, grands parleurs quand il s'agit d'appeler à la violence mais chatouilleux dès qu'ils sont mis face à leurs responsabilités», a-t-il insisté.

M.Castaner a fini sa tribune par une référence à la mort de Samuel Paty:

«À l'heure où l'on peut mourir pour un dessin, nous voulions vous dire, chers journalistes, que nous continuerons à défendre votre liberté d'écrire, de produire et de nous égratigner», conclut-il enfin.

Des journalistes ironisent

Les propos de l’ancien ministre de l’Intérieur ont suscité l’ire de journalistes qui lui ont rappelé les personnes mutilées pendant le mouvement des Gilets jaunes.

«Nous aussi, on vous aime. L’œil dans les yeux», a ironisé le journaliste Didier Maïsto sur Twitter.

​Pour l’éditorialiste Alexis Poulin, il s’agit d’une lettre de la part d’«un éborgneur sans vergogne».

​De son côté, le journaliste de Mediapart Antton Rouget ne croit pas en la «sincérité» de la «lettre d’amour» qu’il a qualifiée de «ridicule». Il a accusé M.Castaner de ne pas avoir «bougé le petit doigt pour les journalistes victimes de policiers» ou lors de la tentative de perquisition dans les locaux du média dans le cadre de l’affaire Benalla.

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