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Les contaminations au Covid-19 ne baissent plus, a prévenu Jérôme Salomon, laissant s’amoindrir l’espoir d’un déconfinement au 15 décembre. Avec des conditions météorologiques qui favorisent la circulation de l’épidémie, il fallait s’y attendre selon le président d’honneur de la Fédération des médecins, qui salue tout de même une stabilisation.

Le 15 décembre devait être un tournant. En tout cas, Emmanuel Macron l’avait prévu lors de sa dernière allocution, le 24 novembre, si les contaminations quotidiennes s’établissaient à 5.000 et le nombre de lits en réanimation occupés à 3.000. Le gouvernement envisageait de surcroît la réouverture des cinémas, théâtres et musées ou encore la fin de l’attestation de sortie remplacée par le couvre-feu à partir de 21h, à l’exception du 24 et du 31 décembre. Mais les chiffres semblent inatteignables.

Lors d’une conférence de presse du 7 décembre, Jérôme Salomon alertait sur le nombre de contaminations qui stagne à 11.000 cas : «Depuis quelques jours, le niveau des contaminations quotidiennes ne baisse plus et reste particulièrement élevé chez les personnes de plus de 75 ans.»

Alors, les objectifs étaient-ils trop ambitieux? De même pour la phase 2 du déconfinement prévue au 15 décembre?

«Les Français ne sont pas complètement stupides, ils savaient que cette date a été fixée pour ne pas trop perturber les fêtes. Actuellement, il y a l’exemple des États-Unis qui pose problème avec Thanksgiving, marqué par une recrudescence de l’épidémie. Le gouvernement doit craindre un relâchement des Français au moment des fêtes. Ça contribue à mettre la pression sur les Français et ce n’est pas plus mal. En même temps, je n’ai pas aimé la sortie de M. Salomon hier qui a été extrêmement anxiogène», juge le docteur Jean-Paul Hamon.

S’il admet que les bonnes surprises sont toujours de mise,  le président d’honneur de la Fédération des médecins estime que la phase 2 du déconfinement ne s’amorcera pas au 15 décembre.

Les projections du site de référence CovidTracker varient autour de 6.000 cas au 15 décembre. L’épidémiologiste Antoine Flahault, dans Le Figaro, les envisage quant à lui à 8.000 à cette date.

«C’est déjà un exploit d’avoir stabilisé la pandémie dans ces conditions hivernales, et je pense qu’il faut maintenir la situation actuelle. La réouverture des restaurants est prévue pour la mi-janvier. Je pense qu’on devra réévaluer à ce moment-là. La prudence est de mise», souligne le médecin.

Lors de sa sortie presse, Jérôme Salomon a alerté sur un possible rebond épidémique dû aux conditions météorologiques, mais n’a pas voulu accabler les Français. Un avis partagé par le président d’honneur de la Fédération des médecins, qui explique que, en dehors « de quelques abrutis qui font des fêtes à 100 ou 300 personnes», en référence aux fêtes illégales de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), les Français se comportent bien dans l’ensemble.

Pour d’autres, les images de longues files d’attentes dans les centres commerciaux ne sont pas très rassurantes et le gouvernement craint un relâchement au moment des fêtes de fin d’année. Les autorités redoutent des conséquences à l’image de celles qu’on a déplorées en Amérique du Nord. De quoi craindre de nouvelles mesures restrictives pour les fêtes ou carrément leur annulation, à l’image de la décision prise par le Premier ministre de la province canadienne du Manitoba : «Je serai celui qui vous volera Noël», a-t-il déclaré avec tristesse début décembre.

Pour Jean-Paul Hamon, la suppression des fêtes serait une grave erreur. Une opinion contre-intuitive:

«On a constaté que les vacances de la Toussaint ont certainement contribué au ralentissement de la pandémie: les écoles sont fermées, il y a moins de monde dans les garderies, donc c’est une occasion de freiner l’épidémie. Empêcher les gens de bouger à Noël serait une double erreur: ça aggraverait l’état de dépression qui touche la France et ça n’améliorerait pas la situation du point de vue de la pandémie, car il n’y aurait pas cette rupture qu’on connaît à chaque vacance scolaire et ça serait une erreur que de s’en priver.»

Pour le moment, rien n’officialise le report de la phase 2 du déconfinement mais l’espoir du 15 décembre s’amoindrit de part et d’autre. Pour le gouvernement, comme pour la majorité des Français, l’important est de sauver Noël.

Mais un Noël un peu spécial: Jean-Paul Hamon insiste sur le respect des gestes barrières pour éviter de contaminer ses proches lors de cette fête familiale: « se faire tester avant de partir pour être certain de ne pas contaminer mamie, garder le masque sauf pendant les repas, respecter les distances d’au moins 1m50 et éviter les contacts». Le médecin se dit toutefois plus inquiet pour le Nouvel An. C’est sûr, il sera dur de souhaiter une bonne année sans s’embrasser.

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Tags:
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