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Le délégué général de l’Institut pour la justice Pierre-Marie Sève a analysé pour Le Figaro les chiffres du ministère de l’Intérieur concernant la délinquance. Alors que la violence s’amplifie sur l’ensemble du territoire, il estime que les Français s’y sont habitués et ont modifié leur comportement en conséquence.

Décortiquant les chiffres du ministère de l’Intérieur, l’Institut pour la justice, une association visant à la réforme du système judiciaire français, a dressé un bilan de la délinquance sur l’année écoulée. Son délégué général, Pierre-Marie Sève, avertit dans Le Figaro qu’elle gagne les campagnes et continue de s’amplifier, au point qu’elle a engendré des changements de comportement.

«La population française s’est habituée à fermer ses portes à double tour, à rester sur le qui-vive dans les transports en commun, à baisser les yeux face à des personnes agressives», écrit-il.

Des comportements qui ont, selon lui, contribué à une certaine «stagnation de la délinquance réelle», même si les faits de violence continuent de se multiplier depuis des dizaines d’années. «En 1964, le taux de criminalité était de 12 crimes et délits pour 1.000 habitants, un taux près de cinq fois moins important qu’aujourd’hui», poursuit-il.

Presque tous les départements touchés

Malgré le confinement, l’association constate une hausse des niveaux de délinquance en 2020 dans les zones confiées à la gendarmerie, même dans les campagnes. «+8% de hausse des violences dans l’ensemble des zones gendarmerie, et même +10% des coups et blessures volontaires», indique le service statistique de la place Beauvau (SSMI).

Ainsi, les violences signalées ont considérablement augmenté dans des départements considérés comme ruraux: plus de 20% en Bretagne, 15% en Gironde, dans le Calvados, la Marne, la Vendée ou encore l’Essonne. Concernant les zones de police, Paris a quant à elle vu son niveau global de violence baisser de plus de 10%.

«Traitement de choc»

M. Sève considère également que les mesures entreprises par le gouvernement n’ont pas permis de lutter contre cet «état de délinquance endémique».

«Sans traitement de choc, la société française est vouée à rester engluée dans cette situation», prévient-il.

Autre constat, la nature de la délinquance tend à basculer davantage vers la «violence gratuite» que vers les vols et recels. Ainsi, entre 1984 et 2000, les coups et blessures ont augmenté de 37%, et jusqu’à 84% pour les agressions sexuelles.

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Tags:
comportement, ministère français de l'Intérieur, statistique, violences, délinquance
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