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Se disant préoccupée depuis des années par le phénomène des rixes entre jeunes dans l’Hexagone, la présidente de l’Île-de-France propose d’armer la police municipale dans toutes les villes de plus de 10.000 habitants. Et d’insister également sur l’abaissement de la majorité pénale, les jeunes violents ayant désormais 13-14 ans.

Dans une interview accordée au Parisien, la présidente de l’Île-de-France Valérie Pécresse confie que «cela fait des années qu’[elle] tire la sonnette d’alarme» face aux violences persistant entre les bandes de jeunes. D’après elle, la pandémie n’a fait qu’aggraver les choses.

«Cette violence est surtout liée aux réseaux sociaux où les bandes peuvent se regrouper, se lancer des défis. Je propose un plan global de démantèlement de ces bandes qui repose sur trois piliers: la sécurité, la responsabilité et la sanction», a-t-elle expliqué.

Les altercations entre jeunes se sont en effet multipliées ces dernières semaines en France. Depuis deux mineurs décédés fin février dans l’Essonne jusqu’à la mort de la jeune Alisha dont le corps a été retrouvé le 8 mars dans les eaux de la Seine, en passant par les adolescents gravement blessés au couteau dans le Val-de-Marne ou encore dans la ville de Nice.

Valérie Pécresse s’est dite toujours favorable à son idée d’«abaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans», proposition partagée actuellement par Marine Le Pen. Comme «les jeunes violents ont désormais 13 ou 14 ans», «le sujet est largement dépassé», a expliqué la présidente de la région francilienne.

En détaillant les chiffres, elle a fait état de 400 interventions effectuées par cinq brigades de sécurité dans les lycées depuis septembre 2020 dans la région dans le but de «ramener le calme».

«Il faut renforcer tous les maillons de la chaîne d’autorité dans tous les territoires», a-t-elle estimé auprès du quotidien. «Je pense que les départements devraient créer des brigades sur le même modèle pour intervenir dans les collèges.»

Les polices municipales doivent être armées

«Il faut rendre obligatoire les polices municipales dans toutes les villes de plus de 10.000 habitants. Des polices municipales qui soient armées d’armes à feu», a lancé Mme Pécresse.

En guise d’exemple, elle a cité l’efficacité de la police municipale pendant l’attentat de Nice. Elle a toutefois précisé que dans le cas où cette mesure serait obligatoire, «l’État devra transférer des moyens supplémentaires aux villes».

Vidéoprotection: «je me heurte au refus de certains maires»

Alors que la région francilienne «a financé 300 communes pour de la vidéoprotection», l’un des enjeux principaux est d’éviter qu’il y ait des secteurs sans vidéoprotection où les bandes se regrouperont, poursuit la présidente de l’Île-de-France.

«Mon objectif de vidéo-protéger à 100 % les transports en commun, je l’ai tenu. Et les rixes y ont chuté», a précisé la responsable.

Tout en projetant d’étendre la mesure «dans les villes où il y a des phénomènes de bandes», Mme Pécresse a pointé certaines difficultés dans sa mise en place.

«Je vais en demander l’autorisation aux préfets car je me heurte au refus de certains maires», a expliqué au Parisien celle qui voudrait également mettre en place l’utilisation de drones, dont l’autorisation nécessitera une loi.

Mme Pécresse a d’ailleurs pointé la responsabilité des maires et familles quand il s’agit d’incidents entre jeunes:

«Les "conseils des droits et devoirs de famille" devraient être obligatoires dans les villes de plus de 10.000 habitants contre 50.000 actuellement. Le maire convoque les jeunes et leurs parents en cas d'incivilité, de petites infractions pour les responsabiliser.»

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Tags:
police, France, Valérie Pécresse, Île-de-France, jeunes, bagarre
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