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La sénatrice LR Jacky Deromedi a créé la controverse en affirmant que les enfants issus de l’immigration étaient plus absentéistes à l’école que les autres, et ce alors qu’un amendement visant à couper les allocations aux familles des intéressés a été voté au Sénat.

Le projet de loi sur le séparatisme n’en finit plus de soulever son lot de polémiques. Le 7 avril, le Sénat a voté un amendement au texte visant à supprimer les allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire. La sénatrice Jacky Deromedi, à l’origine de l’amendement, a eu toutes les peines du monde à justifier ce choix au micro de France Inter. Elle a notamment fait le lien entre absentéisme et immigration.

«C’est dans la loi séparatisme parce que malheureusement, on constate que la plupart des enfants qui ont des problèmes viennent un peu de l’immigration. C’est des enfants, la plupart du temps, qui ne sont pas des enfants… euh… je ne sais pas comment vous dire. Des enfants qui sont dans des quartiers où peut-être les parents s’occupent moins d’eux, où le respect de la République est moins une évidence», argumente-t-elle.

Interrogée sur les populations auxquelles elle fait référence, la sénatrice précise qu’il ne s’agit «pas nécessairement des musulmans». Elle affirme que les personnes issues de l’immigration viennent parfois de pays où «il y a des civilisations, il y a des éducations différentes».

La séquence n’a pas tardé à susciter un tollé, Libération allant jusqu’à dénoncer le «racisme ordinaire» de l’élue.
Dans un entretien à Marianne daté du 8 avril, la sénatrice explicite autrement cette inscription dans la loi sur le séparatisme, déclarant que l’absentéisme est une forme d’«exclusion d’un système où les enfants auraient la chance de côtoyer d’autres élèves».

Un amendement qui divise

L’amendement en lui-même avait déjà divisé sur les bancs du Sénat, remettant au goût du jour le clivage gauche-droite. La quasi-totalité du groupe LR a ainsi voté pour, alors que toute la gauche, des socialistes aux écologistes, a voté contre.

La socialiste Laurence Rossignol pointe un phénomène d’absentéisme «marginal», ajoutant qu’elle ne croit pas à l’existence de «parents laxistes ou complices». Son collègue et président de groupe Patrick Kranner déplore quant à lui qu’on veuille «ajouter de l’exclusion à l’exclusion» par la suppression des allocations.

À droite, on insiste sur le caractère exceptionnel de la sanction qui n’interviendra qu’après «un dialogue avec la famille», comme l’a précisé le rapporteur Stéphane Piednoir (LR). Philippe Le Bas (LR) défend pour sa part une «inspiration humaniste», déclarant que le système vise à «accompagner les parents pour qu’ils se ressaisissent».

Présent lors des débats, Jean-Michel Blanquer s’est refusé à prendre clairement position, émettant seulement un avis de sagesse et insistant sur le fait que des outils existent déjà pour «faire pression sur les familles» en vue de limiter l’absentéisme scolaire.

Ce n’est pas la première fois que la suspension des allocations sociales est évoquée pour rappeler les parents à leur responsabilité. En 2019, la suppression d’aides pour les familles d'adolescents agressifs à l’école avait été évoquée dans un plan d'action contre les violences scolaires remis à Jean-Michel Blanquer.

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Tags:
Sénat français, immigration, racisme, allocations, absentéisme
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