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La justice entend forcer le maire d’Albertville à accorder un permis de construire pour une école musulmane. L’initiative est critiquée par les élus qui mettent en cause l’association turque Millî Görüs.

Après avoir soutenu le chantier de la mosquée de Strasbourg, l’association turque Millî Görüs défraye à nouveau la chronique, cette fois en Savoie. En cause: la construction d’une école privée musulmane à Albertville.

Un projet qui court depuis plusieurs années, mais que le maire Frédéric Burnier Framboret ne souhaitait pas voir aboutir, rapporte le Dauphiné libéré. La municipalité a en effet refusé en 2019 de délivrer un permis de construire. Une décision qui vient d’être retoquée par le tribunal administratif de Grenoble qui enjoint d’autoriser le chantier.

Le projet d’ampleur, qui doit comporter 16 classes, un gymnase, un réfectoire et une cuisine, inquiète à divers titres. D’abord il pourrait entraîner «la fermeture de plusieurs classes, voire à terme d’une école publique», comme l’explique le maire d’Albertville dans une tribune au Figaro.

Mais c’est surtout sa dimension religieuse qui pose problème, la construction étant portée par la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), organisme turc soupçonné d’ingérence et n’ayant pas signé la charte des principes pour l’islam de France. Un radicalisme et un refus de s’assimiler que dénonce Frédéric Burnier Framboret.

«La crainte clairement exprimée de ses dirigeants est l’assimilation de la jeunesse turque aux valeurs républicaines de la France; ils militent en faveur d’une partition territoriale qui polarise la vision de la société entre un "nous" et un "eux"», explique l’édile au Figaro.

Un maire soutenu

La municipalité n’est pas la seule à s’insurger contre cette nouvelle école. Le maire a reçu l’appui du préfet de Savoie, Pascal Bolot, qui a déclaré au Dauphiné libéré soutenir «sans ambiguïté» l’élu. Le haut responsable fustige l’enseignement dispensé dans cette école qui serait nécessairement «non compatible avec les valeurs de la République», notamment concernant l’égalité homme-femme.

«Nous soutenons le maire d’Albertville. Il a bien fait de refuser ce permis il y a deux ans. C’est un projet démesuré, qui concerne potentiellement 400 élèves sur 1.500 dans cette strate d’âge […]. Il y a aussi des raisons liées au positionnement du CIMG, qui est séparatiste. C’est une école de contre-République qui est à l’œuvre», explique le préfet.

Le 9 avril, Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a aussi dénoncé le projet dans une lettre adressée à Emmanuel Macron et diffusée par le Dauphiné libéré. L’élu y condamne une école qui entérinerait une «coupure entre la communauté turque et le reste de la commune» et demande à l’État d’«empêcher l’installation».

Laurent Wauquiez rappelle que Gérald Darmanin a fait référence à Millî Görüs comme à des «ennemis de la République», au sortir de la polémique sur la mosquée de Strasbourg. Sur Europe 1, le ministre de l’Intérieur avait en effet pointé l’association, la menaçant de «dissolution». Il avait aussi critiqué la maire EELV de Strasbourg qui souhaitait subventionner la construction de la mosquée à hauteur de 2,5 millions d’euros.

Engin Seller, président de Millî Görüs à Albertville assure pour sa part au Dauphiné libéré que les enseignements de la nouvelle école ne différeront pas de ceux de l’Éducation nationale. L’établissement sera «ouvert à tous», sans distinction de confession, et sera «rattaché au rectorat d’ici cinq ans», ajoute-t-il.

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Laurent Wauquiez, Albertville, école islamique, école, islamisme, islam
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