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Le syndicat Union nationale des lycéens a appelé au blocage des lycées ce lundi, jour du retour d’une partie des cours en présentiel. Contacté par Sputnik, son vice-président nous explique ses revendications et les raisons d’un tel choix.

Une semaine après la reprise des cours en primaire, ce lundi 3 mai était censé marquer le retour partiel des collégiens et lycéens en présentiel. Certains ont plutôt décidé de bloquer leur établissement. Ils affirment ne pas prêts pour les épreuves du bac et réclament l’annulation du grand oral et le passage à l’évaluation continue. Un appel au «lundi noir» relayé par l’Union nationale des lycéens (UNL).

«On a lancé la mobilisation car on a constaté que les élèves allaient de toute façon se mobiliser», nous explique Élie Saget, vice-président de l’UNL, souhaitant ainsi créer «un rapport de force avec le ministère».

Revendications

Dans un communiqué publié sur Twitter, l’UNL justifie l’annulation du bac par le fait que la crise sanitaire a créé des inégalités en termes de continuité pédagogique. «Certaines personnes ont passé beaucoup plus de temps en présentiel que d’autres», indique l’organisme, souhaitant ainsi que les étudiants soient évalués séparément par chaque établissement plutôt que par une épreuve nationale.

L’UNL souhaite également l’introduction de sessions de rattrapage pour celles et ceux qui n’obtiendraient pas leur baccalauréat avec le contrôle continu, ainsi que la non-pénalisation des filières professionnelles qui, au vu de la crise sanitaire, n’ont pas pu obtenir de stages.

«Les programmes surchargés, le manque d’informations dû à la nouvelle réforme [du baccalauréat, ndlr], les protocoles sanitaires qui empêchaient la continuité pédagogique, que ce soient les professeurs ou les élèves, on n’est pas prêts pour passer les épreuves», plaide Élie Saget.

Une pétition portant sur ces réclamations lancée il y a deux semaines a rassemblé plus de 220.000 signatures, sans toutefois provoquer de réaction du ministère de l’Éducation.

Près de 300 établissements bloqués

«Plus de 300 lycées ont été bloqués, c’est juste énorme», se targue le syndicaliste, un chiffre similaire, selon lui, à celui de décembre 2018 lorsque le mouvement étudiant s’était mêlé à celui des Gilets jaunes. Un succès donc pour un rassemblement organisé dans un contexte de crise sanitaire dans lequel «le mouvement social est un peu étouffé».

La semaine sera d’autant plus mouvementée qu’un autre appel au blocage a été lancé par différents syndicats lycéens pour ce mercredi 5 mai, avec également pour revendication l’annulation des épreuves pour toutes les filières. Du côté de l’UNL, le message est clair: «on appelle à se mobiliser à partir de lundi, jusqu’à ce qu’on se fasse entendre, jusqu’à ce qu’on ait des réponses et des mesures concrètes du ministère sur les revendications lycéennes».

Jean-Michel Blanquer, accompagné de Jean Castex, est quant à lui attendu ce matin dans un lycée à Laxou, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Des annonces à prévoir? «Moi, je ne m’attends plus à rien de ce ministre», répond le vice-président de l’UNL, qualifiant la réforme du bac de «mal conçue, inégalitaire».

«Ce ministre a été incapable de garantir une continuité pédagogique pour les élèves lors du confinement», rappelle-t-il avant de conclure: «c’est lui qui va nous entendre, et pas l’inverse».

Maintien des épreuves

Le 1er avril, alors qu’Emmanuel Macron venait d’annoncer la fermeture des établissements scolaires pour trois semaines, le ministre de l’Éducation nationale avait assuré sur RTL qu’il maintiendrait certaines épreuves, dont l’écrit de la philo, le grand oral ou encore les examens pour les BTS (Brevets de technicien supérieur). L’annonce avait provoqué la colère des syndicats.

Confiant dans le fait que la situation sanitaire serait «très améliorée en juin», il avait alors assuré que «ce n’est pas pour embêter les gens mais pour maintenir l’exigence du bac». Les épreuves de spécialité, introduites avec le nouveau bac, sont quant à elles déjà annulées en faveur du contrôle continu.

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Tags:
éducation, Jean-Michel Blanquer, protestations, lycée, blocage, Baccalauréat
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