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Le groupe Géant Casino avait misé sur les caisses automatiques pour la journée du 1er mai. L’expérience s’est soldée par un fiasco. Les syndicats déplorent que les clients aient été «livrés à eux-mêmes».

Si certains programmes d’intelligence artificielle sont aujourd’hui capables d’écrire des pièces de théâtre, la coopération homme-machine au quotidien connaît encore bien des ratés.

Nouvelle illustration dans plusieurs hypermarchés du groupe Géant Casino, ouverts le 1er mai. Pour pallier à l’absence de personnel en ce jour férié, l’entreprise avait en effet décidé de miser sur le 100% libre-service. L’expérience a tourné à la débâcle dans plusieurs établissements, les clients s’agglutinant devant les caisses automatiques en d’interminables files d’attente.

Excédés, certains ont même fini par laisser leur caddie sur place. À Fréjus, les salariés ont ainsi retrouvés plus de 150 chariots abandonnés dans les allées du magasin, lors de leur retour au travail.

Même scénario à Hyères, Villefranche-sur-Saône et dans plusieurs autres magasins que le groupe avait décidé d’ouvrir durant la Fête du Travail.

Les syndicats en colère, l’enseigne relativise

Du côté des syndicats, on pointe les limites du 100% libre-service et le choix de l’ouverture un 1er mai, date à laquelle aucun autre concurrent n’était ouvert.

«On ne peut pas, sous prétexte d’un mode automatique, laisser les gens livrés à eux-mêmes. C’est aberrant. Pour peu qu’il y ait un souci en caisse, les client doivent se débrouiller tout seuls. La hotline tente d’accélérer leur passage, mais ce n’est pas toujours évident. Ça ne reste que des machines», explique ainsi à Sputnik Jean-Luc Farfal, délégué syndical CFDT.

Le responsable déplore encore que la direction n’ait pas anticipé l’événement, en renforçant les effectifs de sécurité. Dans certains hypermarchés, comme à Fréjus, les vigiles ont en effet passé un rude week-end, essuyant les insultes et menaces des clients.

Le rangement nécessaire après cette cohue présente en outre une charge de travail supplémentaire pour les salariés. Plusieurs jours après ces incidents, certains caddies abandonnés n’avaient toujours pas pu être vidés, explique à Sputnik Natalie Devienne, déléguée syndicale Force Ouvrière.

«Les salariés sont désabusés. Il faut s’occuper des caddies abandonnés, cela empiète sur le travail de la semaine à venir. Encore aujourd’hui, nous avions des caddies qui n’ont pas été traités, la marchandise n’a pas été remise en rayons», déclare-t-elle ainsi.

Pour éviter que le scénario ne se renouvelle, le syndicat FO réclame d’ailleurs l’abandon du 100% libre-service pour les prochains jours fériés d’importance, le 25 décembre et 1er janvier. Pour mieux «accompagner l’automatisation et la digitalisation», les syndicats exigent aussi la présence d’une hôtesse pour quatre caisses automatiques, en semaine, ainsi que la revalorisation du métier de caissier.

Le groupe Géant Casino a également réagi à ce week-end chargé, sur Twitter. L’enseigne a concédé «quelques incidents», tout en soulignant que le 100% libre-service rencontrait «un succès grandissant» certains jours fériés.

Géant Casino avait été parmi les premiers à recourir massivement aux caisses automatiques pour les jours fériés, dès 2019. L’hypermarché d’Angers, avec son ouverture sans personnel le dimanche, avait notamment cristallisé les tensions et été le théâtre d’une bataille juridique.

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Tags:
supermarché, Fête du Travail, syndicats, queue
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