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Une nouvelle tribune de militaires, cette fois actifs, pourrait être publiée à la suite de celle qui a provoqué un tollé au mois d’avril. Pour le fondateur du GIGN, Christian Prouteau, les militaires «ont des possibilités de faire parler d’eux» seulement s’ils ne font plus partie de l’armée.

Pour Christian Pouteau, fondateur et premier commandant du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), si les militaires veulent «donner leurs idées sur des choses» qu’ils veulent changer, ils peuvent le faire en s’engageant en politique. Sur le plateau de l’émission Punchline de CNews, il s’est exprimé sur la pétition controversée des militaires, dont certains risquent des sanctions.

«Les militaires doivent servir l’État. Si les militaires ne sont plus dans l’armée, et bien ils ont des possibilités de faire parler d’eux, de donner leurs idées. Qu’ils le fassent, qu’ils rejoignent les équipes politiques, qu’ils s’engagent au niveau associatif et là, ils pourront peut-être faire quelque chose», avance l’ancien préfet.

Après la tribune contre le «délitement du pays» signée par «une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un millier d’autres militaires», publiée dans les Valeurs actuelles, un nouveau texte devrait voir le jour, comme l’a fait savoir le 7 mai Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire sollicité pour sa publication.

Selon lui, cette fois, il s’agira d’une pétition «de militaires actifs» qui souhaitent rester anonymes. Geoffroy Lejeune a précisé auprès du Parisien que leur nombre pourrait atteindre 2.000.

M.Pouteau a par ailleurs estimé que «sur le fond, il y a des choses que tout le monde constate et tout le monde voudrait qu’on puisse les régler un jour», mais pas «parce qu’il y a une pétition […]», parce que «ce n’est pas de ce niveau».

«Sur la forme, c’est détestable. Je donne mon point de vue. Je crois que si on veut faire quelque chose, si l’on veut agir au niveau politique, quand on est retraité c’est très facile, on rejoint des équipes politiques […] et l’importance, dans l’associatif, des militaires seraient recherchés», estime-t-il.

Des sanctions prévues

Christian Prouteau a également pris la défense du chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, qui a annoncé que 18 signataires actifs de la pétition allaient passer devant un conseil supérieur militaire. En outre, ceux proches de la retraite, mais pouvant toujours être rappelés, peuvent encourir «la radiation, donc la mise à la retraite d'office».

«Je voudrais rappeler quand même que Lecointre [le chef des états-majors des armées, ndlr] a pris position et on peut pas lui reprocher de ne pas être le soldat dont on rêve tous parce qu’il a des états de service exceptionnels. Et s’il a pris cette décision, c’est bien en regard de ce que la fonction militaire impose vis-à-vis de l’État», expose l’ancien gendarme.

Dans leur tribune parue le 21 avril, les auteurs appellent «ceux qui dirigent notre pays» à «impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication» des dangers existants et à lutter contre le «laxisme», allant jusqu’à envisager une «guerre civile».

Un texte qui a suscité diverses réactions dans les milieux politiques. Alors que le gouvernement l’a fermement condamné, certaines personnalités, dont Marine Le Pen, ont soutenu ses auteurs. La présidente du Rassemblement national les a invités à «prendre part à la bataille qui s'ouvre».

Enfin, selon un sondage réalisé à ce sujet par Harris Interactive, la majorité des Français (58%) soutiennent «les propos des militaires».

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Tags:
pétition, François Lecointre, GIGN, militaires, France
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