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Après la publication d’un rapport sur les résultats positifs des salles de shoot, l’adjointe chargée de la Santé à la mairie de Paris est venue défendre leur pérennisation dans Touche pas à mon poste. Mais des riverains ne les voient pas de cet œil.

Après une expérimentation de cinq ans qui a convaincu les autorités de santé, les salles de consommation à moindre risque (SCMR), ou salles de shoot, sont sur le point d’être pérennisées, comme l’a indiqué vendredi le ministère de la santé. Mercredi 2 juin, sur le plateau de Touche pas à mon poste, l’adjointe à la mairie de Paris chargée de la Santé, Anne Souyris, a plaidé pour en installer davantage.

«Les salles de consommation permettraient de commencer à les [les toxicomanes] faire rentrer dans le soin», assure-t-elle, indiquant que «les parents d’élèves sont contents de ce qu’il se passe».

«Il n’y a que deux ou trois personnes sur le comité de riverains, on les connaît», lui répond Mickaël, venu représenter les habitants du quartier Lariboisière, où se trouve la SCMR de la capitale.

«Je vois des enfants passer à côté de personnes qui s’injectent en pleine journée», raconte-t-il, ajoutant qu’il y a «un périmètre d’immunité, de tolérance autour de la salle» qui est «une zone de non droit».

Sur Twitter, des riverains se plaignent régulièrement des conséquences: le 4 juin, l’un deux a publié la vidéo d’un toxicomane, visiblement sous influence, en train de se masturber en pleine rue et en journée à proximité de la SCMR.

Salle de shoot à Paris

À l’instar de celle de Strasbourg, la SCMR de Paris a été implantée en 2016. Dans le cadre de cette expérimentation qui se termine en 2022, les toxicomanes peuvent s’y injecter ou fumer des drogues en toute légalité et dans un environnement sécurisé.

Début mai, l’Inserm a publié un rapport saluant l’efficacité de ces salles, indiquant qu’elles diminuent «les pratiques d’injection à risque, le risque d’overdoses, le risque d’aller aux urgences et la probabilité de commettre des délits». Contrairement à ce qu’affirment les habitants, elles auraient également un impact neutre sur la tranquillité publique.

Développement

Ainsi, après ce bilan positif, d’autres salles devraient voir le jour dans la capitale, notamment dans les XVIII et XIXe arrondissements. C’est dans ce dernier que se trouve le quartier de Stalingrad, tristement célèbre pour son trafic de crack et dont la situation s’est exacerbée en mai avec l’intervention de riverains. Marseille et Bordeaux sont également intéressées par le projet.

Le ministère de la Santé compte pérenniser les deux salles actuelles et va autoriser de nouvelles au cas par cas, «après concertation entre élus locaux, agences régionales de santé, préfectures et parquets», indique l’AFP. À noter que huit autres pays européens ont également fait l’expérience, totalisant pas moins de 80 salles de shoot.

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Tags:
habitants locaux, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), toxicomanie, drogue, Paris
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