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Le préfet de police de Paris Didier Lallement, dont la gestion du maintien de l’ordre a été maintes fois critiquée, en particulier face aux Gilets jaunes, a été promu au grade de commandeur de la Légion d’honneur. Cela a suscité l’indignation de nombreuses personnalités politiques.

La promotion du 14 juillet 2021 a distingué 467 personnes à la Légion d’honneur, plus haute distinction française pour «mérites éminents au service de la nation». Parmi elles, le controversé préfet de police de Paris, Didier Lallement, en poste depuis mars 2019 et source de plusieurs polémiques, qu’elles soient sur ses déclarations ou son maintien de l’ordre pendant la crise des Gilets jaunes. Déjà officier de la Légion d’honneur depuis 2012, il a été promu au grade de commandeur.

De nombreuses personnalités politiques, en particulier à gauche, ont manifesté leur mécontentement à la suite de cette annonce, inscrite le 13 juillet dans le Journal officiel. C’est le cas du député Loïc Prud’homme (La France insoumise), qui évoque une «promotion matraque» dans un «royaume de la répression». En 2019, ce dernier avait affirmé avoir été matraqué par un policier à Bordeaux, lorsque M. Lallement était encore préfet de Gironde.

«Didier Lallement qui reçoit la Légion d'honneur… Nous on le connaît bien à Bordeaux, il avait géré la violente répression des Gilets jaunes. Donc il mérite sûrement sa Légion d'honneur, un prix qu'ils se remettent entre eux», déclare dans un live Facebook Philippe Poutou, candidat du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) à la présidentielle 2022.

«C’est officiel, la Légion d’honneur est renommée légion d’horreur: attribuée au Préfet Lallement pour tous les Gilets jaunes éborgnés et mains arrachées», réagit sur Twitter la conseillère LFI de Paris Danielle Simonnet.

Certains s’opposent également à la distinction de Claude d’Harcourt, qui était préfet de Loire-Atlantique lors de la charge policière à Nantes dans la nuit du 21 juin 2019, à la fête de la musique, suite à laquelle Steve Caniço a trouvé la mort.

Polémiques

L’arrivée de Didier Lallement dans la capitale a été marquée par la création des brigades de répression de l’action violente motorisée, l’usage de nasses dans sa stratégie de maintien de l’ordre (désormais interdites) et des lanceurs de balles de défense. Plusieurs dizaines de Gilets jaunes, mais aussi des journalistes, sont ressortis blessés, voire éborgnés, des mouvements de protestation parisiens.

D’aucuns ont fait remarquer, à l’instar du fondateur de l’UPR (Union populaire républicaine) François Asselineau, que de nouvelles tensions avaient été constatées à Paris ce 14 juillet entre les forces de l’ordre et des manifestants qui protestaient contre le pass sanitaire. La manifestation, non autorisée, a fait l’objet de charges policières et de jets de gaz lacrymogène.

«Psychopathe» pour Jean-Luc Mélenchon, «méthodes très contestables» pour l’ancien élu de la majorité Aurélien Taché, le préfet a fait l’objet de plusieurs demandes de démission de la part de l’opposition depuis deux ans. Il a cependant toujours gardé la confiance du chef de l’État et du ministre de l’Intérieur (Castaner puis Darmanin).

Certaines de ses déclarations ont marqué les esprits, comme en novembre 2019, lorsqu’il a répondu à une Gilet jaune «nous ne sommes pas dans le même camp, Madame» ou en avril 2020 quand il a estimé que les patients en réanimation «sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté». Il a été également critiqué pour l’évacuation des migrants sur la place de la République en novembre 2020, et son soutien financier aux policiers mis en examen dans l’affaire Michel Zecler.

Rivalités

Dans le cadre du défilé du 14 juillet, il s’est même mis une partie des forces de l’ordre à dos en empêchant la démonstration du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale sur l’arche de la Défense. «C’est une guerre d’ego mal placé au mieux regrettable, au pire totalement inappropriée», fustige dans Libération David Ramos, vice-président de GendXXI, une association de défense des intérêts des gendarmes. Le quotidien évoque quant à lui un signe de rivalité entre la police et la gendarmerie.

M. Lallement est également notoirement en mauvais termes avec Anne Hidalgo. Dimanche 11 juillet, il a refusé la demande d’un adjoint de débloquer des effectifs supplémentaires pour gérer la présence de toxicomanes autour des jardins d’Éole, dont il reproche aux élus la décision de le leur avoir fermé unilatéralement. La maire socialiste affirme sur France Inter regretter que «le préfet de police sorte souvent de son rôle, qui est celui d'un haut fonctionnaire, pour aller un peu trop sur le champ du débat politique».

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Tags:
polémique, indignation, Préfecture de police de Paris, Didier Lallement, Légion d'honneur
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