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Entrant pleinement en vigueur le 15 septembre, la vaccination obligatoire risque de perturber sérieusement le fonctionnement des services ambulanciers compte tenu du fait que seulement la moitié d’entre eux sont vaccinés pour l’instant.

Comme l’avait expliqué précédemment Olivier Véran, «l’esprit du pass sanitaire» consiste à faire des établissements accueillant les personnes âgées, les personnes fragiles ou les personnes malades «des sanctuaires éloignés du Covid». C’est pourquoi toute personne qui peut y entrer, sauf cas d’urgence, doit être équipée du pass sanitaire. Les ambulanciers ne sont pas une exception. Alors qu’ils doivent être vaccinés à la rentrée pour continuer à faire leur métier, presque la moitié d’entre eux se montrent pour le moment réticents.

Interrogé par CNews, Serge Beaujean, secrétaire général de la Fédération nationale des artisans ambulanciers (FNAA), indique qu’entre 50% et 55% des ambulanciers sont pour l’heure vaccinés.

«Si effectivement le pass sanitaire est obligatoire pour les ambulanciers afin de rentrer dans les établissements de santé ou les maisons de retraite, nous allons avoir une impossibilité de réaliser les missions», explique Serge Beaujean.

D’après lui, pour la majorité de ses collègues, le refus de se faire vacciner est un moyen de protester contre le manque de reconnaissance. Il affirme qu’aucune prime ne leur a été versée malgré le fait qu’ils se trouvaient «au premier rang» de la lutte contre la pandémie.

Des difficultés de recrutement

Fin juin, Guillaume Narguet, secrétaire général de la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA), avait également partagé auprès de 20 Minutes ses inquiétudes, évoquant une «profession déjà en souffrance à cause de ses problèmes de recrutement et d’attractivité». La CNSA estime qu’entre 10 à 15% du personnel ambulancier ne sera pas en mesure d’assurer son service à cause du pass sanitaire.

En effet, d’après le rapport de l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL) pour l’année 2020, 49% des établissements de transport sanitaire ont révélé rencontrer des difficultés pour recruter des ambulanciers et 22% des auxiliaires ambulanciers.

28% des répondants ont déclaré que tous les postes d’ambulanciers ou d’auxiliaires ambulanciers ne seraient pas pourvus dans leur établissement, faute de candidats. Ainsi, ce sont 2.000 postes d’ambulanciers et 380 postes d’auxiliaires ambulanciers qui n’ont pas été pourvus.

Problèmes liés au pass sanitaire

Pour l’heure, pour exercer leurs métiers après le 15 septembre, les ambulanciers doivent recevoir au moins une dose de vaccin. Ils auront jusqu’au 15 octobre pour être vaccinés complètement, sans risque de licenciement, comme le voulait le gouvernement, mais une suspension de contrat et de salaire pourra concerner les réfractaires.

Par ailleurs, certains ambulanciers rencontrent déjà des problèmes liés au pass sanitaire alors que son élargissement n’est prévu qu’à partir du 9 août.

Ainsi, un ambulancier de Normandie a raconté dans une vidéo publiée le 29 juillet sur Twitter que lui et ses collègues avaient déposé une patiente dans une clinique privée pour effectuer un examen du cœur mais que l’établissement a refusé de l’accepter, car la femme n’a pas présenté de pass sanitaire.

Par la suite, un représentant de la Fédération nationale des ambulanciers privés (FNAP) a fait état auprès du Parisien de plusieurs salariés ambulanciers s’étant vu refuser «l’accès à un établissement, car ils n’avaient pas encore de pass sanitaire».

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Tags:
ambulanciers, vaccination, passeport sanitaire
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