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Face à l’intensification de la lutte contre le trafic de drogue à Nice, les mesures prises par les autorités ne font pas toujours l’unanimité. C’est le cas de l'expulsion de la mère d'un jeune condamné décidée par le tribunal. À l’opposé des associations, le maire prend le parti de la justice en promettant de nouvelles procédures.

Il y a trois jours, le tribunal judiciaire de Nice s’est prononcé en faveur de l'expulsion de la mère d'un jeune condamné à 20 mois de prison pour trafic de drogue. Invité ce 7 septembre sur France 2, Christian Estrosi s’est rangé du côté de la justice.

​«On en a ras-le-bol qu'une famille puisse pourrir la vie des locataires dans un immeuble», a-t-il déclaré.

Selon l’édile, elle avait reçu de nombreuses injonctions depuis 2018 «parce qu'il y a un ou plusieurs individus dans cette famille qui trafiquent les drogues, causent des nuisances sonores, dégradent les boîtes aux lettres, les halls d'immeubles, qui vont briser les vitrines du siège du bailleur social.»

«Nous avons enfin obtenu une décision de justice qui fera jurisprudence et je vous prie de croire que cela ne va pas s'arrêter là», assure Christian Estrosi.

«On n'a pas investi à Nice 750 millions d'euros pour refaire toutes les cités et les quartiers qui sont en zone de rénovation urbaine pour aujourd'hui avoir des familles qui continuent à pourrir la vie des autres», a-t-il lancé en notant que beaucoup «ont envie de trouver la quiétude dans leur logement et vivre dignement.»

«On doit être condamné uniquement pour ses actes»

Cette décision du tribunal n’a pourtant pas été appréciée par certaines associations.

«Si l'on commence à condamner des gens pour des actes qu'ont commis leurs proches, il n'y a plus d'idée de justice elle-même. On doit être condamné uniquement pour ses actes», a alerté le 6 septembre au micro de RMC David Nakache, président de Tous Citoyens.

Le directeur régional de la Fondation Abbé Pierre, Florent Houdmon, l’a trouvée «injuste et assez aberrante pour les autres occupants» visés par l’expulsion.

«Est-ce que la punition collective est la bonne réponse?», réagit-il, cité par Le Figaro.

La lutte contre le trafic de drogue

Le trafic de stupéfiants représente un véritable fléau dans plusieurs quartiers de Nice. Dans un entretien accordé en avril à Nice-Presse, le premier adjoint au maire Anthony Borré a indiqué que «le nombre d’interpellations de la police municipale sur les trafics de stupéfiants a augmenté de 100% entre 2019 et 2020.»

«Cette multiplication par deux est inquiétante, alors même que la police municipale, dont ce n’est pas la compétence première, ne peut agir qu’en flagrant délit, et en uniforme. Ce chiffre n’illustre donc pas totalement l’extrême gravité de la situation».

Il a souligné l’importance de «mener une action résolue et déterminée contre ces trafiquants et leurs guetteurs. Trop de situations sur la route de Turin, aux Moulins, aux Liserons, à l’Ariane et à Roquebillière nous interpellent».

Depuis, le parquet de Nice et la police nationale ont mis en place une procédure simplifiée visant à sanctionner plus systématiquement et plus facilement les adolescents chargés de prévenir les dealers de l’arrivée des policiers, témoigne Le Figaro.

Cette procédure rend possible la saisie d’argent en leur possession et permet de verbaliser cette personne si elle détient une somme supérieure à 70 euros. Depuis le mois de janvier, une soixantaine de ces procès-verbaux ont été dressés et 32.000 euros ont été saisis, ajoute le journal.

Six points de vente ont été démantelés cette année par la police, en coopération avec la Sûreté départementale, selon France Bleu.

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Tags:
France, Christian Estrosi, Nice, trafic de drogue
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