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Quoique peu ordinaire la mode de faire des selfies funéraires gagne le Québec après avoir déjà été monnaie courante aux USA. Cette pratique, peut-elle être considérée comme normale ou bien faut-il en voir une déviance. Des membres de la Corporation des thanatologues du Québec font la lumière sur ce sujet.

Parait-il qu'avec le développement des nouvelles technologies, il n'y a plus rien de sacré en ce bas monde. Leurs smartphones à portée de main, les gens se précipitent pour immortaliser tous les moments de leur vie y compris… la mort.

« On le voit dans plus de 50 % des funérailles, surtout quand elles sont traditionnelles avec l'exposition du défunt », affirme à l'édition québécoise La Presse + Danny Gallant, directeur général du Centre funéraire Côte-des-Neiges.

Si aux États-Unis cette pratique est devenue très rependue même si elle est souvent critiquée, les Québécois restent toujours plus discrets, réalisant leurs selfies devant un cercueil ouvert à toute vitesse.

Même si jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas eu de plaintes déposées par des familles endeuillées, Patrice Chavegros, vice-président Ventes & Service à la clientèle chez Magnus Poirier considère qu'il faudrait quand même penser à réglementer ou encadrer la prise des selfies.

« On n'est pas à l'abri de quelqu'un qui pourrait publier une photo inappropriée », explique toujours à la même source Danny Gallant.

Alors, cette nouvelle mode est-elle normale ou nous avons affaire à des déviances psychologiques?

À en croire des psychologues québécois, cette pratique de faire des selfies avec des défunts pourrait aider à accepter la perte d'un être cher.

« Ça aide à reconnaître la perte, reconnaître que la personne ne reviendra plus », explique à La Presse + Josée Jacques, psychologue spécialisée dans le deuil.

Pour Josée Maçon, directrice et fondatrice de Deuil Jeunesse, cette nouvelle pratique n'a rien de mal et elle constitue un retour en arrière car avoir des photos funéraires dans des albums de familles était un rituel pour des Québécois dans les années 60.

La seule question éthique qui se pose est la publication des photos funéraires sur les réseaux sociaux, tels que, par exemple Facebook. Il ne faut jamais oublier qu'une petite image publiée sur son profil pourrait blesser la famille en deuil qui préfère ne pas partager son chagrin avec le monde entier.

Sur ce point, la loi interdit strictement la prise de photo d'un cadavre humain dans les laboratoires funéraires à moins que la famille donne son consentement. Les thanatopracteurs ne peuvent pas immortaliser leurs réalisations, même à des fins pédagogiques.

De même, si la photo publiée d'un défunt cher affecte la famille ou lui cause un trouble moral ou émotif, cette dernière serait en mesure de lancer une procédure en vertu des principes de base de la responsabilité civile.

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