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    Les casques bleus à Bangui, la capitale de la république centrafricaine

    Ban Ki-moon: les crimes des casques bleus, "tumeur de l'Onu"

    © Flickr/ MINUSCA Police Commissioner on Foot Patrol in Bangui
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    Ban Ki-moon déplore que de nombreux incidents impliquant l'usage de la force de la part des casques bleus n'étaient pas pris en compte par le système de l'Onu et que les coupables restaient impunis.

    Le secrétaire général de l'Onu insiste sur le fait que les représentants des missions de l'Organisation de tous les niveaux devaient être traduits en justice pour les violences sexuelles et les abus de pouvoir commis par les casques bleus de l'Onu. La question relative à l'infraction disciplinaire des casques bleus doit être inscrite à l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré Ban Ki-moon.

    Le Conseil de sécurité des Nations unies a organisé jeudi une réunion à huis clos suite à de nouvelles allégations d'abus sexuels visant des casques bleus de l'Onu. "Les crimes des casques bleus sont la tumeur de notre système. Je propose que l'exploitation sexuelle, l'outrage et d'autres abus de pouvoir soient portés à l'ordre du jour des réunions du Conseil de sécurité avec les États représentants les contingents (pour les missions), ainsi que l'étude des actions à engager dans les cas rapportés", a déclaré Ban Ki-moon. Son discours a été diffusé après la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies.

    Le Secrétaire général a rappelé avoir déjà soulevé le problème des abus sexuels du personnel de l'Onu en 2008. Il revient aujourd'hui à l'idée d'une tolérance zéro pour le comportement indécent d'un "individu concret, dirigeant ou commandement à tout niveau", ainsi que de la "responsabilité de l'Onu et des États membres".

    "Il faut que les pays mettant à disposition les contingents prennent des mesures fermes pour mener une enquête et traduire en justice les coupables", a déclaré Ban Ki-moon.

    Les Casques bleus de l'Onu en Haïti
    © Photo. UN Photo/Marco Dormino
    Selon lui, de nombreux incidents ne sont pas pris en compte par le système de l'Onu et les coupables restent impunis. "De trop nombreux incidents ne sont pas rapportés. Trop peu de cas font l'objet d'une enquête. Trop souvent la justice n'est pas rendue", a-t-il souligné.

    De sérieuses lacunes ont également été constatées par l'ambassadrice des USA à l'Onu Samantha Power. Elle a souligné que de nombreux incidents scandaleux qui se produisent dans le cadre des missions sont rapportés par les médias et les associations. Cependant, "l'accès des journalistes et des ONG reste insuffisant pour constater ce qui se passe réellement", selon elle.

    "Nous devons rendre le système plus vigilant, l'améliorer et travailler suffisamment avec la population locale", souligne Power. Et de poursuivre: "Les accusations ne doivent pas venir des personnes extérieures à la mission, mais de la mission elle-même".

    "Les États membres doivent être impliqués et intéressés pour creuser jusqu'au fond et assurer que toutes les pierres seront retournées pour garantir la justice", a déclaré Samantha Power aux journalistes à l'issue de la réunion.

    Pendant la session, Ban Ki-moon a également informé les membres du Conseil qu'à partir de la semaine prochaine Parfait Onanga-Anyanga serait le chef de la mission de l'Onu en Centrafrique (Minusca). La veille, le chef de l'Onu avait accepté la démission de l'ancien responsable de la Minusca, Babacar Gaye.

    L'organisation internationale des droits de l'homme Amnesty International a rapporté cette semaine un nouveau viol en Centrafrique. D'après l'organisation, les casques bleus de l'Onu présents dans le pays sont impliqués dans le viol d'une fillette de 12 ans, ainsi que dans le meurtre d'un garçon de 16 ans et de son père. Les incidents se sont produits les 2 et 3 août, au moment où les Casques bleus participaient à une opération à Bangui.

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    Tags:
    crimes, incident, casques bleus, ONU, Amnesty International, Ban Ki-moon, République centrafricaine
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