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    Des manifestants syriens avec des portraits de Vladimir Poutine et de Bachar el-Assad à Damas

    Syrie: des Allemands indignés par les critiques occidentales à l'égard de Moscou

    © AP Photo/ Muzaffar Salman
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    Situation en Syrie (2014) (607)
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    A la différence des partisans du président syrien, l'Occident ne croit pas que Vladimir Poutine sauvera la Syrie. Toutefois, les Occidentaux ne sont pas tous de cet avis.

    Des lecteurs du journal allemand Süddeutsche Zeitung sont mécontents de la position critique de l'Occident à l'égard des actions russes en Syrie.

    "Les partisans du président syrien Bachar el-Assad considèrent le dirigeant russe Vladimir Poutine comme celui qui mettra fin à la guerre civile en Syrie. L'Occident est d'avis contraire. Les lecteurs du SZ ne sont pas tous de cet avis", écrit le journal avant de citer six commentaires de ses lecteurs consacrés à la participation de Moscou dans le conflit syrien et aux éventuelles opérations conjointes russo-américaines visant à le résoudre.

    Un lecteur, Bruno Fischer de Cologne, dénoncé notamment la politique occidentale de deux poids deux mesures à l'égard de la Russie qui permet de condamner les Russes pour leur participation aux événements du Proche-Orient et de saluer la présence des Etats-Unis dans cette région.

    M.Fischer se demande quels sont les vrais objectifs de la coalition anti-EI composée de 60 pays, si elle a permis à plusieurs centaines de terroristes de l'Etat islamique (EI) de prendre le contrôle de Mossoul, une ville syrienne importante. Au lieu de coopérer avec M.Poutine, la coalition essaie d'expliquer au public étonné pourquoi l'EI n'a toujours pas été anéanti alors que 30% des Etats de la planète luttent contre lui, conclut le lecteur.

    Rüdiger Berger, de Neubiberg, critique un autre article du Süddeutsche Zeitung où MM.Poutine et Assad sont présentés comme étant "imprévisibles". "Bien au contraire", affirme-t-il. Selon M.Berger, il est clair que les présidents russe et syrien cherchent à garantir la sécurité de leurs pays. Les Etats-Unis souhaitent renverser le régime de Bachar el-Assad, installer un régime vassal en Syrie et éliminer la dernière base navale russe en Méditerranée. "Cette guerre conduira à l'effondrement de la Syrie, mais peu importe. Ce sont les Européens qui devront en assumer les conséquences", estime M.Berger.

    Le lecteur Dieter Eiermann, de Müllheim, considère que la situation au Proche-Orient est le résultat des tentatives de l'Occident de déstabiliser l'Europe. "Il faut parfois se poser des questions pour comprendre à qui cela profite: déstabiliser le Proche-Orient et la Libye en renversant les régimes au moyen de mensonges flagrants (armes de destruction massive en Irak); déstabiliser l'Europe par l'arrivée de millions de réfugiés; déstabiliser les pays voisins de la Russie et les armer sous le prétexte d’+agressions+ de Moscou; enfin adopter un embargo contre Moscou. Cela profite-t-il à M.Poutine?", se demande M.Eiermann.

    "Pourquoi avons-nous accepté volontiers l'aide de Vladimir Poutine lorsqu'il fallait régler le problème nucléaire iranien, mais rejeté sa proposition de lutter contre les combattants de l'EI? M.Poutine est loin d'être un ange de la paix, mais si on réfléchit en termes de realpolitik, il pourrait faire partie de la solution à ce problème", notent Dorothea et Manfred Stock, de Minden. "Qu’à t-il de mal à vouloir parler sur un pied d’égalité avec les Etats-Unis et à vouloir faire respecter ses intérêts géostratégiques?" se demandent les lecteurs. Selon eux, un changement de régime en Syrie devrait être réalisé par des méthodes pacifiques. Dorothea et Manfred Stock dénoncent la politique impuissante de l'Occident, et surtout des Etats-Unis et de leurs alliés.

    Les commentaires de deux autres lecteurs publiés par le journal allemand sont plus critiques à l'égard de Moscou.

    Edeltraud Gebert, de Gröbenzell, est persuadé que la crise migratoire qui déstabilise l'Europe profite à Vladimir Poutine qui souhaite renforcer son influence. Selon lui, la fin de la guerre en Syrie n’est pas désirée par le président russe.

    Le commentaire d'un certain Alexander Apel, de Göttingen, est plus hostile à l'égard de Moscou. D'ailleurs, son message n'est pas consacré à la Syrie, mais au conflit en Ukraine qu'il considère comme "une guerre lancée par la Russie contre l'Ukraine". M.Apel qualifie de déséquilibrée la couverture par les médias occidentaux de la situation dans ce pays et les accuse de mépriser les Ukrainiens.

    Les relations russo-ukrainiennes se sont détériorées suite au coup d'Etat de février 2014 à Kiev qui a entraîné l'adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie et le conflit armé dans l'est de l'Ukraine. Kiev accuse la Russie d'avoir déclenché les hostilités dans le Donbass où les forces armées ukrainiennes mènent une opération "antiterroriste" spéciale contre les habitants locaux mécontents du coup d'Etat de 2014.


    Dossier:
    Situation en Syrie (2014) (607)

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    crise migratoire, guerre, critiques, coalition, Süddeutsche Zeitung, Etat islamique, Bachar el-Assad, Vladimir Poutine, Crimée, Donbass, Ukraine, États-Unis, Russie, Syrie
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