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    Le conflit irano-saoudien: une bombe à retardement pour le Proche-Orient

    Le conflit irano-saoudien: une bombe à retardement pour le Proche-Orient

    © AP Photo / Vahid Salemi
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    La crise irano-saoudienne (2016) (46)
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    Ce n'est pas d'hier que l'Iran et l'Arabie saoudite sont en conflit. Mais aujourd'hui, ce conflit peut connaître un regain de vigueur, détruisant ce qu'il reste de la paix dans le Proche-Orient, pense Matt Purple, le rédacteur en chef adjoint du portail Rare Politics.

    L'exécution d'un chef religieux chiite en Arabie saoudite a attisé les tensions entre Téhéran et Riyad. Ce sont les pourparlers sur la Syrie, la lutte contre Daech et l'équilibre entre chiites et sunnites qui sont maintenant en péril, a écrit Matt Purple dans un article pour le journal américain The National Interest.

    En tenant compte de la situation au Moyen-Orient, les conséquences de la dégradation des relations entre les deux pays peuvent être extrêmement graves, affirme le chroniqueur.

    Maintenant, il est encore plus difficile qu'auparavant de régler la crise syrienne. L'Iran et l'Arabie saoudite mènent une guerre indirecte en Syrie. Riyad essaie de consolider les divers groupes de rebelles syriens tandis que Téhéran soutien le président du pays Bachar el-Assad. Malgré le fait que les parties se sont déjà réunies à la table des négociations — ce qui, en soi, est un miracle — il n'y a aucune confiance entre eux, et maintenant l'arrogance qui caractérise les relations des deux pays serait exacerbée, déclare l'auteur.

    Un autre point douloureux des relations irano-saoudiennes est le Bahreïn, gouverné par une monarchie sunnite et où la plupart de la population est composée de Chiites. En 1981, des tentatives de fomenter un coup d'État ont eu lieu, afin d'instaurer le régime de la Théocratie chiite, deux ans après la révolution islamique en Iran. Malgré tout, l'insurrection a été écrasée et depuis lors le gouvernement bahreïnien accuse l'Iran d'intervenir dans ses affaires intérieures. En 2011, les troupes de l'Arabie saoudite sont intervenus à Bahreïn pour réprimer les manifestants du printemps arabe.
    Lorsque les Saoudiens ont coupé les liens avec l'Iran, dimanche, Bahreïn a emboîté le pas, et les Chiites ont envahi les rues où ils ont été accueillis avec des armes à plomb et des canons à eau. Peu d'endroits dans le monde sont aussi contestés, autant par l'Arabie saoudite et l'Iran que par Bahreïn. Il semble inévitable que ce pays sera touché par le conflit.

    Néanmoins, c'est la lutte contre Daech qui est la plus menacée. La meilleure façon d'éliminer le groupe terroriste et de prévenir son éventuelle émergence consiste à unir les forces chiites et sunnites au Proche-Orient, en mettant de côté les contradictions.

    Ce but semblait chimérique même avant les évènements du week-end dernier. Aujourd'hui, il semble encore plus irréaliste. L'Arabie saoudite est obsédée par la lutte contre l'expansion iranienne. L'attaque de l'ambassade va augmenter sa paranoïa et isoler l'Iran du monde arabe. La plupart de ses énergies sera consacrée à la guerre sectaire et moins à la lutte contre Daech.

    Le 3 janvier 2016, Riyad a rompu les relations diplomatiques avec Téhéran à la suite des attaques contre ses missions diplomatiques à Téhéran et Machhad. La crise a éclaté entre l'Arabie saoudite et l'Iran chiite suite à l'exécution du chef religieux chiite Nimr Al-Nimr ainsi que 46 autres personnes condamnées pour "terrorisme" par le royaume saoudien.

    Dossier:
    La crise irano-saoudienne (2016) (46)

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    Tags:
    conflit, relations diplomatiques, chiites, sunnites, terrorisme, The National Interest, Etat islamique, Nimr Baqer al-Nimr, Bachar el-Assad, Riyad, Téhéran, Bahreïn, Proche-Orient, Arabie Saoudite, Iran, Syrie
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