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Nulle obligation d'aimer Poutine pour comprendre que Moscou et Washington ont des intérêts communs, estime un ancien agent de la CIA.

La majorité des fonctionnaires de Washington ne se rendent pas compte de l'utilité de la coopération russo-américaine, écrit l'ancien agent de la CIA Philip Giraldi dans un article pour l'American Conservative.

L'auteur vient de rentrer de Moscou, où on lui a régulièrement demandé pourquoi les Etats-Unis haïssaient tellement la Russie et pourquoi les médias américains étaient incapables d'en dire des choses positives. Il n'a finalement pas pu trouver une réponse intelligible.

M. Giraldi concède que les médias américains, le gouvernement et de nombreuses institutions comptent suffisamment d'experts qui considéreront toujours la Russie comme un ennemi.

"En outre, il y a d'autres experts et fonctionnaires, plus perfides, qui ont besoin de cultiver l'image d'un ennemi pour conserver leurs postes trop bien payés au gouvernement et dans d'autres départements qui dépendent pour beaucoup de la prospérité du complexe militaro-industriel", note l'analyste. Et d'ajouter qu'il y aura toujours des patriotes radicaux comme les sénateurs John McCain and Lindsey Graham.

M. Giraldi cite également des propos du professeur Peter Kuznick de l'Université américaine. Celui-ci affirme que les étudiants américains sont les plus faibles en histoire et ne sont même pas capables de citer le bilan des victimes de la Seconde Guerre mondiale, tant en Amérique qu'en URSS. Ainsi, ils pensent que l'Union soviétique a perdu près de 100.000 personnes, alors que le chiffre réel est de 27.900.000. Il n'est donc pas étonnant que les Américains ne comprennent rien à ce qui motive les Russes.
Philip Giraldi n'arrive pas à comprendre pourquoi si peu de gens à Washington et dans les médias américains réalisent la nécessité d'avoir de bonnes relations avec la Russie.

"La Russie a été un partenaire très utile en Syrie, où elle a mené des pourparlers pour obtenir finalement la destruction des armes chimiques syriennes début 2014. Aujourd'hui, elle est l'une des forces motrices qui sont derrière les négociations visant à régler définitivement ce conflit. Elle a toujours été un allié fiable dans la lutte contre le terrorisme, en reconnaissant sa propre vulnérabilité face à l'EI et d'autres militants islamiques".

Coopérer avec l'Ukraine n'est pas un intérêt vital pour Washington, alors que travailler avec la Russie est une priorité, souligne M. Giraldi. C'est le changement de régime orchestré par les Etats-Unis en Ukraine qui a créé la crise actuelle et non Poutine, ajoute-t-il.

Il n'est pas nécessaire d'aimer la Mère Russie ou Vladimir Poutine pour comprendre qu'il est dans l'intérêt de l'Amérique de développer des relations fructueuses basées sur les intérêts communs. "Cette année, il (Poutine, ndlr) a ouvertement déclaré que son pays voulait coopérer avec les Etats-Unis. C'est une proposition qui ne peut et ne doit pas être refusée par celui qui se préoccupe vraiment des Etats-Unis et du peuple américain", conclut Philip Giraldi.

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Tags:
coopération, Philip Giraldi, États-Unis, Russie
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