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Ankara est comme possédé par l'idée que les Kurdes parviennent à leurs fins, ce pourrait aggraver une situation régionale déjà tendue.

La Turquie va depuis des années dans la mauvaise direction. Mais désormais les erreurs de politique intérieure d'Ankara deviennent un problème international, écrit le quotidien britannique The Guardian.

Il s'agit de son conflit avec les Kurdes, en raison duquel Ankara risque d'aggraver la situation déjà explosive dans la région.

La désintégration de l'Irak et de la Syrie ont renforcé les positions des Kurdes dans ces pays, ce à quoi la Turquie ne s'attendait pas. Ankara, d'ailleurs, n'avait jamais sérieusement songé à régler son conflit avec ce peuple. C'est peut-être pour cela que les négociations de paix avec les Kurdes ont été sapées l'année dernière, suppose le journal.

"La lutte entre les Turcs et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est du pays devient de plus en plus acharnée, ce qui se passe parallèlement au conflit de plus en plus grave entre Ankara et les Kurdes dans le nord de la Syrie", selon les auteurs de l'article.

La principale menace est liée au fait que les troupes turques peuvent faire irruption en Syrie sous le prétexte d'y créer un couloir humanitaire pour les réfugiés ou une zone tampon, alors que l'objectif sera en réalité de stopper la progression des Kurdes syriens.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan redoute la création d'un mini-Etat sur le territoire syrien, ce qui renforcerait les positions du PKK et exercerait une influence sur les Kurdes irakiens.

"Le cauchemar de la Turquie concernant un Kurdistan uni pourrait probablement se réaliser sous peu", notent les journalistes.

Erdogan a poussé la Turquie dans l'isolement, constate The Guardian: sa politique extérieure se base sur la seule idée d'empêcher les Kurdes de parvenir à leurs fins et il semble qu'Ankara ne voie plus rien autour de lui.

"Tant que la Turquie ne révisera pas de fond en comble sa politique et ne parviendra pas à une pacification avec ses Kurdes, elle continuera de jeter de l'huile sur le feu dans la région au lieu de contribuer à la résolution des problèmes", constate le quotidien.

Les Unités de protection du peuple (YPG), la branche armée du Parti de l'union démocratique kurde syrien (PYD), qui combat avec succès les terroristes de l'Etat islamique, sont soutenues tant par les Etats-Unis que par la Russie.

"Si les troupes turques entrent en Syrie, la Russie pourrait réagir militairement. Les Turcs appelleront alors l'Otan à l'aide et la crise ne fera que s'échauffer", poursuit The Guardian, tout en estimant qu'un tel scénario est peu plausible.

Le plus probable est qu'Ankara essaiera (peut-être en vain) de convaincre les puissances que les membres des YPG sont des terroristes.

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Tags:
Kurdes, Recep Tayyip Erdogan, Turquie
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