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    Le premier ministre turc Binali Yildirim

    Le gouvernement de Turquie commence à rédiger une nouvelle Constitution

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    Purges dans la fonction publique et l'armée, coupes sombres dans de nombreux secteurs, intention de rétablir la peine de mort… Quel meilleur contexte souhaiter pour rédiger une nouvelle Constitution.

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan pourrait bientôt devenir le leader le plus puissant du pays depuis Mustafa Kemal Atatürk, l'homme qui a fondé la Turquie contemporaine, et peut-être même depuis l'effondrement de l'Empire ottoman, 

    Sur ces entrefaites, le premier ministre turc Binali Yildirim, cité par le journal Sabah, a annoncé le début de sa rédaction.

    "Nous avons entamé la mise au point du projet d'une nouvelle Constitution", a-t-il déclaré.

    Selon le premier ministre, le Parti de la justice et du développement est tombé d'accord avec deux partis de l'opposition, le Parti républicain du peuple et le Parti d'action nationaliste, pour apporter des amendements restrictifs à la Constitution.

    Il estime que la mise au point d'une nouvelle loi fondamentale est "le but et le devoir" de tous les partis politiques du pays.

    Le premier ministre a précisé qu'un amendement concernerait le transfert, sous le commandement du ministère de l'Intérieur, de la gendarmerie et des garde-côtes, faisant actuellement partie des forces armées. 

    Précédemment, le gouvernement de Turquie avait concerté quelque 60 articles d'une nouvelle Constitution, mais ce processus n'avait pas été finalisé.

    Selon certains experts, après la tentative de coup d'Etat avortée, le président turc peut suivre deux scénarios possibles. Conservateur et orienté vers l'islam, Erdogan pourrait profiter de l'esprit religieux qui règne après le putsch, négliger la constitution turque et déclencher une révolution islamique.

    Le scénario numéro deux semble plus probable. Le dirigeant turc utiliserait le large appui dont il jouit après la tentative de coup d'Etat afin de promouvoir des amendements à la constitution. Ces amendements auraient pour but de remplacer le régime parlementaire de  gouvernance par un régime présidentiel. Et ceci, évidemment, avec M. Erdogan comme chef d'Etat.

    Cette approche est plus dans le style du leader turc, pragmatique et orienté vers une ligne progressive d'actions. Avant le putsch, il a réussi à obtenir un pouvoir immense, après avoir accompli pendant 13 ans un parcours extraordinaire dans le but d'atteindre cet objectif. 

    Dans la nuit du 15 au 16 juillet, des militaires turcs ont tenté de perpétrer un coup d'Etat dans le pays. Après l'échec du putsch, les forces de l'ordre ont interpellé plus de 6.000 personnes, y compris des officiers.

    Selon Ankara, la rébellion avortée a fait 246 morts parmi les civils, ainsi que plus de 2.000 blessés.


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    rédaction, nouvelle Constitution, amendements, tentative de putsch en Turquie (2016), Binali Yildirim, Turquie
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