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    Après 10 ans d’existence qu’en est-il de l’indépendance de France 24?

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    Le PDG de France 24, qui souffle mardi 6 décembre sa dixième bougie, affirme que cette chaîne d'information en continu émettant en français, anglais et arabe parvient à maintenir son indépendance face à l'État, tout en ayant certaines divergences terminologiques avec ce dernier.

    Après dix ans de travail, France 24 parvient à maintenir son indépendance face à l'État français avec lequel elle a toutefois certaines divergences en matière de terminologie, alors que le succès de la chaîne s'explique par sa ligne éditoriale, basée sur les valeurs que porte la France, a déclaré à Sputnik son PDG Marc Saikali.

    « Elle (France 24, ndlr) ne dépend absolument pas de la ligne officielle du gouvernement français. Nous, nous sommes une chaîne de télé financée par le peuple français via la redevance. Nous sommes un service public mais nous ne sommes pas le porte-parole du gouvernement (…) Nous sommes totalement libres, je vous prie de le croire », a assuré l'interlocuteur de l'agence.

    Et de réitérer que France 24 était « totalement indépendante », ce qui faisait justement sa force.

    « En quatre ans, on est passé de 40 à 51 millions de téléspectateurs hebdomadaires. Et encore, on ne mesure notre audience que dans 66 pays sur les 183 dans lesquels nous sommes présents », a rappelé M. Saikali.

    Selon ce dernier, la chaîne porte les valeurs de la France partout dans le monde et a une même ligne éditoriale pour ses trois canaux (français, anglais et arabe), mais avec des identités différentes, en donnant notamment une identité à chacun de ses trois canaux, ce qui la distingue sans doute d'autres médias.

    « Ce n'est pas du copier-coller entre le français, l'anglais et l'arabe. Chacun des canaux a une identité avec des programmes différents parfois, adaptés au bassin d'audience (…) Et la ligne éditoriale de France 24 est très simple : elle est basée sur les valeurs que porte la France et qui sont des valeurs internationales, c'est-à-dire le respect des droits humains, l'égalité homme-femme, la lutte contre toutes les sortes de discrimination», a précisé M. Saikali.

    Interrogé par Sputnik sur d'éventuels désaccords de la chaîne avec le gouvernement français sur des sujets internationaux, notamment sur la guerre en Syrie ou les conflits au Proche-Orient, le PDG de France 24 a répondu de façon plutôt évasive.

    « Sur des exemples précis, je ne vois pas, mais par exemple sur la terminologie. Nous, on n'utilise pas le mot Daech. Le gouvernement français utilise Daech, nous, on parle de l'organisation État islamique. C'est un exemple. Il y en a d'autres », a-t-il dit.

    A cette occasion, Sputnik a rappelé que M. Saikali s'était trouvé il y a quelques années au cœur d'une petite polémique pour avoir dit : « Pour une fois, il y a des gentils et des méchants », demandant, sans vouloir faire évidemment un mauvais procès, quelles autres consignes étaient données aux journalistes de France 24.

    « On ne montre jamais par exemple des otages. Tout ce qui est une situation d'indignité humaine, on ne le montre pas. On ne montre pas des vidéos où les terroristes s'expriment. On ne montre pas d'enfants morts. On ne montre pas toutes ces images. Ça, c'est une ligne éditoriale et ça, c'est effectivement des consignes qu'on peut donner. Mais parce que ce ne sont pas des consignes politiques, ce sont des consignes humaines », a dit le PDG de la chaîne.

    Et d'ajouter qu'on ne tenait pas à infliger à quelqu'un des images choquantes parce que de toute façon s'il avait envie de voir des images choquantes, il n'avait qu'à aller sur Internet.

    « On est journalistes, nous, on n'est pas des voyeurs », a martelé M. Saikali.

    Invité à donner son avis sur la résolution du Parlement européen visant les médias russes, notamment Sputnik, en les classant parmi les principales menaces à l'UE à côté de l'État islamique, l'interlocuteur de l'agence a répondu qu'il ne savait rien de l'existence dudit document.

    « Je pense que cette résolution peut évoluer, peut changer, peut être amendée », a toutefois supposé le PDG de France 24.

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    Tags:
    résolution, chaîne de télévision, Parlement européen, Sputnik, France 24, Marc Saïkali, France
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