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À peine le président du parlement ukrainien a exhorté les députés à renoncer à l’emploi de toute autre langue que l’ukrainien, une rixe a éclaté dans un Conseil régional en raison de l’emploi du russe. L’opposition met en garde contre la mesure avancée par le président du parlement et augure un nouveau schisme en Ukraine.

drapeau ukrainien
© Sputnik . Service de presse du Président de l'Ukraine
Le Conseil régional de Tcherkassy (parlement d'une région du centre de l'Ukraine) s'est transformé ce jeudi en un ring de boxe et ce en raison de la langue russe : en prenant la parole devant les députés, le directeur du complexe hôtelier Dnepr, Boris Lebedtsov, a refusé de s'exprimer en ukrainien, précisant qu'il lui était plus confortable de parler la langue de Pouchkine.

La décision de l'intervenant a irrité le député Iouri Botnar, du parti nationaliste Svoboda : « Après que M. Lebedtsov s'est mis à lire le rapport en russe, il a rencontré des critiques de la part de députés du parti Svoboda » qui exigeaient qu'il parle ukrainien. Lorsque M. Lebetsov a expliqué qu'il lui était plus confortable de s'exprimer en russe, M. Botnar s'est précipité vers lui et une rixe a commencé, écrit le site d'information local InfoMIST.

La veille de l'incident, le président du parlement ukrainien Andreï Paroubiï avait appelé les parlementaires à intervenir exclusivement dans la langue étatique qu'est l'ukrainien, précisant qu'il était prêt à assurer, si nécessaire, la traduction.

Le parti Bloc d'opposition considère pourtant que l'exigence formulée par Paroubiï crée un risque de schisme au sein du pays. Dans ce contexte, ses membres ont exhorté le Parquet général à donner son évaluation de ces déclarations.

Il convient de préciser que la législation en vigueur exige que les réunions de la Rada suprême (parlement ukrainien), ainsi que celles de ses commissions et comités se tiennent en ukrainien. Il est cependant souligné que l'intervenant peut s'exprimer dans une autre langue. Le président de la Rada a donc soumis au parlement un projet de loi proposant d'exclure de la loi le chapitre autorisant l'intervenant à s'exprimer dans toute autre langue que l'ukrainien.

Plus tôt, le parlement ukrainien avait enregistré un projet de loi  « Sur la langue d'État », prévoyant l'emploi de la langue étatique dans tous les domaines, y compris dans les établissements éducatifs.

Rappelons que la langue russe est à l'origine du conflit qui oppose depuis 2014 Kiev et le Donbass. En février 2014, suite au coup d'État qui a vu le président Viktor Ianoukovitch perdre le pouvoir, les nouvelles autorités de Kiev ont décidé de priver le russe de son statut de langue régionale. Pourtant, il convient de rappeler que le sud-est de l'Ukraine est largement peuplé par des personnes dont la première langue est le russe.

En raison du russe ou non, il n'est pas rare que les députés ukrainiens s'unissent dans une rixe devant leurs collègues et les zooms des caméras diffusant les sessions parlementaires, de ce fait les précédents sont légion.

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Tags:
bagarre, parlement, langue russe, Svoboda, Rada suprême, Andreï Paroubiï, Tcherkassy, Ukraine
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