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Négociations sur le Brexit (2017) (148)
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Sur la question de Gibraltar, l’Union européenne n’est plus neutre après le Brexit et prendra sans doute le parti du Royaume d’Espagne pour la simple raison que celui-ci reste au sein de l’UE, a estimé dans un entretien avec Sputnik l’universitaire espagnol Carlos Flores Juberias.

Le Royaume-Uni a décidé de sortir de l'Union européenne, et les négociations sur le Brexit commencent, alors que Londres et Bruxelles se retrouvent en opposition et que, sur Gibraltar, l'UE prendra évidemment le parti du Royaume d'Espagne pour la simple raison que celui-ci reste au sein de l'Union, a déclaré à Sputnik le professeur de droit constitutionnel à l'Université de Valence, Carlos Flores Juberias.

« Sur la question de Gibraltar, l'Union européenne n'est plus neutre », a relevé l'interlocuteur de l'agence.

Et d'ajouter que si les Britanniques s'étaient effectivement intéressés à l'avis des habitants de Gibraltar, ils seraient restés au sein de l'Union européenne, car la population de cette enclave avait voté dans sa majorité contre le Brexit.

« L'Espagne a toujours déclaré ses droits sur Gibraltar et n'y a jamais renoncé. Elle le faisait toutefois par une voie pacifique, à travers des négociations », a rappelé l'universitaire.

Selon ce dernier, il n'y a aujourd'hui que deux variantes possibles d'évolution de la situation.

« La première est tout aussi simple qu'évidente. Le Royaume-Uni sort de l'UE […] et Gibraltar le suit, les rapports internationaux de ce dernier relevant de Londres. Un point, c'est tout ! », constate le professeur.

Il indique toutefois que Gibraltar ne veut pas rompre ses relations avec l'UE à cause de ses très étroites relations économiques avec Bruxelles et surtout avec Madrid.

« Ainsi, des négociations seraient possibles pour atténuer pour Gibraltar les difficultés liées au Brexit. […] Quoi qu'il en soit, Gibraltar ne peut rester au sein de l'Union européenne qu'en tant que territoire espagnol ou si Londres et Madrid s'entendent sur leur souveraineté sur cette enclave », a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

Cédée par Madrid à Londres en 1713, Gibraltar, qui compte un peu plus de 30 000 habitants sur sept km2, se retrouvera exclue de l'UE après le départ définitif du Royaume-Uni. Lors du référendum sur le Brexit en juin 2016, 96 % des électeurs de l'enclave ont voté pour rester dans le giron européen.

En octobre dernier, Madrid a formellement proposé à Londres une souveraineté partagée censée permettre à Gibraltar de rester au sein de l'UE. La Première ministre britannique Theresa May a cependant assuré les habitants de Gibraltar qu'elle ne céderait « jamais » la souveraineté sur Gibraltar sans l'accord de la population de ce territoire. Les hommes politiques britanniques sont de leur côté déterminés à défendre les territoires d'outre-mer, la situation actuelle rappelant à certains la guerre des Malouines.

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Négociations sur le Brexit (2017) (148)

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premier ministre, souveraineté, Brexit, Université de Valence, Sputnik, Union européenne (UE), Carlos Flores Juberias, Theresa May, Gibraltar, îles Malouines, Royaume-Uni, Madrid, Espagne, Londres, Europe
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