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    L’eau potable

    L’hypothèse des guerres de l’eau, est-elle plausible?

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    Les ressources en eau se raréfient de plus en plus dans plusieurs régions du monde, faisant craindre à l’apparition de conflits militaires entre États se disputant leurs parts de l’or bleu. Cette hypothèse est-elle plausible, et que faut-il faire pour l’éloigner?

    Depuis le début des années 1990, beaucoup a été dit et écrit au sujet des futures guerres de l'eau annoncées pour le XXIe siècle. À ceux qui annoncent des conflits pour l'eau répondent les sceptiques, pour qui l'absence de conflit interétatique dans le passé est gage de leur caractère improbable dans le futur.

    Cependant, les tensions croissantes sur la ressource, renforcées par l'expansion démographique et les pressions qu'elle exerce sur l'agriculture irriguée, dans un contexte de changements climatiques, pourraient pousser les États, dont les sociétés affichent déjà des signes de tension croissante, à s'affronter pour régler des différends sur le partage d'une ressource essentielle et que les gouvernements regarderaient de plus en plus comme objet de souveraineté nationale.

    Plusieurs foyers de tension interétatique tombent dans cette catégorie, le degré de tension y étant plus ou moins élevé: mentionnons les nombreux conflits au Proche-Orient, ceux se déroulant autour du bassin du Nil, mais aussi entre l'Arabie saoudite et la Jordanie, ou entre la Libye et l'Égypte pour les aquifères du Sahara, et dernièrement entre les États-Unis et le Mexique.

    Mais malgré cette situation difficile, des experts de la question de l'or bleu appellent à éviter de dramatiser le risque de guerre.

    «Je pense que dans de nombreux pays, il y aura des différends et de la concurrence sur l'eau, mais je ne prévois pas de guerres transfrontalières strictement liées aux problèmes de l'eau. La concurrence sur l'eau et les conflits d'intérêts pourraient être un déclencheur dans un endroit déjà prêt à la guerre, mais je pense que le concept selon lequel des guerres apparaîtront, à cause du déclin de l'eau souterraine, n'est vraiment pas raisonnable», a déclaré à Sputnik Upmanu Lall, directeur du Columbia Water Center.

    Pour faire face à la rareté de plus en plus accrue de cette ressource vitale, explique-t-il, les scientifiques ont avancé le concept de la gestion durable de l'eau. En effet, au cours de son cycle, l'eau est soumise à de nombreuses sources de polluants: réseaux routiers, industries, zones urbaines, exploitations agricoles, ménages, etc…. Ce qui fait que les eaux usées et les eaux pluviales doivent être efficacement collectées et traitées, afin d'assurer aux gens une eau de qualité. La gestion durable de l'eau passe par la réalisation et l'utilisation d'ouvrages durablement performants, en garantissant une non-dégradation de la performance sur de longues durées, en réduisant les coûts de remplacement. Il faut aussi limiter les interventions de maintenance et éviter l'apparition de dysfonctionnements préjudiciables pour la santé et l'environnement. Cependant, très peu de pays se sont engagés dans cette voie.

    «On parle beaucoup de gestion durable de l'eau, et essentiellement de ce que les gens font. Ce qui est historiquement souligné, c'est la mauvaise façon dont nous avons développé et alloué de l'eau, qui a conduit à une baisse de la quantité et de la qualité de cette ressource dans beaucoup de régions du monde avec des impacts négatifs sur l'environnement», a souligné Upmanu Lall, tout en expliquant que la solution serait «que si nous faisions une gestion durable de l'eau, alors ces dérives ne se produiraient pas. Cependant, malgré toutes les discussions sur ce sujet, je ne pense pas que je puisse facilement citer un endroit dans le monde où la gestion durable de l'eau est effectivement pratiquée, à l'exception peut-être de Singapour» qui a réussi à créer un système, qui certes consomme beaucoup d'énergie, mais qui est très performant en termes de gestion de toutes ses ressources en eau.

    Tags:
    guerre, risques à la sécurité du pays, risques écologiques, eau potable, manque
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