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    Des sosies de Kim Jong-un et de Donald Trump

    Contacts Kim-Trump prévus: une chance de percée ou la reprise d’une longue routine?

    © AFP 2019 Anthony Wallace
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    La délégation sud-coréenne a transmis jeudi la proposition de Pyongyang, de discuter une dénucléarisation de la péninsule coréenne, à Donald Trump. Ce dernier l’a acceptée. Alors que Pyongyang et Washington se préparent à de possibles négociations, rappelons des précédentes tentatives de régler ce sujet piquant.

    La proposition de Kim Jong-un de parler d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne acceptée par Donald Trump est plutôt considérée comme un signal positif.

    Première crise

    Au début des années 1990, sur fond de chute de l'URSS, garant de la sécurité militaire et de la viabilité économique de la Corée du Nord, Pyongyang a fait face à la nécessité d'assurer son intégrité territoriale par lui-même. En 1993, en réponse aux manœuvres américano-sud-coréennes Team Spirit, les autorités nord-coréennes ont annoncé la sortie du pays du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui n'a toutefois pas été appliquée, ont suspendu leur adhésion à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et ont refusé l'accès de ses inspecteurs à l'infrastructure nucléaire de Pyongyang créée conjointement avec l'Union soviétique dans le cadre du développement de l'énergie nucléaire en Corée du Nord.

    L'escalade de la crise nucléaire a toutefois été évitée grâce aux efforts diplomatiques de Washington et Pyongyang qui ont signé à Genève en octobre 1994 l'accord-cadre entre les États-Unis et la Corée du Nord, à l'issue des négociations lancées par la visite de l'ex-Président américain Jimmy Carter en Corée du Nord au mois de juin.

    Ce document prévoit le gel du programme nucléaire nord-coréen, le démantèlement nucléaire et l'arrêter de l'enrichissement d'uranium en échange d'une aide économique, notamment par des livraisons de carburant et la construction de centrales à l'eau légère qui ne peuvent être utilisées dans un but militaire.

    Pourparlers multilatéraux

    Ce succès temporaire de l'administration de Bill Clinton a été dévoyé par George Walker Bush qui a inclus la Corée du Nord dans la liste des États voyous. Les réacteurs promis n'ont pas été fournis. De plus, Washington a continué à accuser Pyongyang d'élaborer des armes nucléaires après que ce dernier a effectué un tir de son missile balistique Taepodong-1 en 1998.

    En 2002, Pyongyang a déclaré la reprise de son programme nucléaire puis, en 2003, s'est retiré du TNP et a dénoncé la déclaration sur le statut non-nucléaire de la péninsule de Corée de 1992.

    Toutefois, un nouveau mécanisme de dialogue sur le dossier nucléaire nord-coréen a été élaboré. En 2003, les pourparlers à six, comprenant les deux Corées, les États-Unis, la Russie, la Chine et le Japon, ont été lancés. Plusieurs réunions ont eu lieu mais sans résultat. En outre, Pyongyang est sorti des pourparlers et a annoncé début 2005 sa possession de l'arme nucléaire. Cela étant, à l'époque, il n'y avait aucune épreuve claire ni de l'existence d'un programme nucléaire, ni de l'arme atomique.

    Pourtant, les parties des pourparlers à six ont réussi le 19 octobre 2005 à adopter une déclaration conjointe. Ses signataires ont reconnu le droit à la Corée du Nord à l'atome pacifique et ont annoncé une coopération dans le domaine énergétique. Washington a confirmé son respect de la souveraineté nord-coréenne. Pyongyang s'est à son tour engagé à abandonner ses armes et programmes nucléaires et à revenir dans le TNP et l'AIEA.

    Stagnation et dégradation du dialogue

    Le développement de ce progrès a été rompu par la décision de geler des avoirs nord-coréens prise par Washington en novembre 2005 sous prétexte de la lutte contre le blanchiment d'argent. L'année d'après, Pyongyang a déclaré avoir testé des armes nucléaires.

    Lors des sessions suivantes des pourparlers à six, de nouvelles mesures de vérification et de contrôle ont été adaptées qui, toutefois, n'ont pas considérablement rapproché une résolution de la crise.

    Quoi qu'il en soit, la fermeture du centre de recherche nucléaire de Yongbyon en 2007 sous la supervision d'inspecteurs de l'AIEA et d'experts américains est un des résultats les plus importants des pourparlers. Cependant, dès 2008, Pyongyang est revenu sur ce point, a suspendu le démantèlement de ses installations nucléaires et a rouvert le centre de Yongbyon.

    Les nouveaux essais d'armes nucléaires et de missiles balistiques nord-coréens accompagnés par des sanctions internationales et la rhétorique de plus en plus dure de Washington ont rendu impossible des pourparlers plus ou moins efficaces et constructifs.

    Les décisions des négociations bilatérales entre Washington et Pyongyang, qui avaient eu lieu en février 2012 à Pékin, y compris renoncer aux essais nucléaires nord-coréens et imposer un moratoire sur les tirs de missiles balistiques, n'ont pas été appliquées.

    L'histoire longue et difficile des tentatives de régler le problème nucléaire nord-coréen est le fruit de volontés politiques divergentes des parties intéressées qui semblent être exprimées par Kim Jong-un et Donald Trump alors que ce sujet est d'une importance évidente.

    Tags:
    contrôle, zone dénucléarisée, dénucléarisation, pourparlers, Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), armes nucléaires, négociations, Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), George Bush, Donald Trump, Jimmy Carter, Bill Clinton, Kim Jong-un, Yongbyon, Pyongyang, Séoul, Washington, Corée du Nord, Corée du Sud, Pékin, URSS, Chine, Japon, États-Unis, Russie
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