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Alors que la diaspora turque attribue les attaques contre des mosquées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et à ses alliés occidentaux, la police allemande estime qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions. Sputnik essaie d’établir qui se tient derrière ces attaques.

La diaspora turque en Allemagne est fort préoccupée, les déclarations de groupes liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, organisation considérée comme terroriste par Ankara) laissant clairement entendre que les incendies survenus depuis vendredi dernier ne seraient que le sommet d'un iceberg, a déclaré à Sputnik Fatih Zingal, vice-président de l'Union des démocrates turcs européens (UETD).

«L'organisation des jeunes du PKK a lancé notamment sur internet un appel à perpétrer des attentats contre tous les établissements turcs, que ce soient des mosquées, des centres culturels, des cafés, des supermarchés ou même le consulat général. Aussi, chaque personne liée d'une manière ou d'une autre à la Turquie a-t-elle toutes les raisons de s'en préoccuper», a expliqué l'interlocuteur de l'agence.

Selon la presse allemande, les organisations turques sont persuadées que ces attaques sont commises par des combattants kurdes qui cherchent à transporter le conflit turco-kurde en Europe.

«Nul n'ignore que, somme toute, la gauche adopte une attitude négative envers le gouvernement et le Président de la Turquie, et l'opération à Afrine lancée contre la filiale syrienne du PKK a servi de prétexte pour ses actions violentes», a estimé à son tour Burak Altun, rédacteur du journal en ligne turco-allemand Daily Sabah.

Il a toutefois reconnu que la situation s'était aggravée il y a longtemps.

«L'opération turque en Syrie est sans doute devenue cette dernière goutte d'eau qui a fait déborder le vase», a conclu le journaliste.

Selon un autre interlocuteur de Sputnik, Winfrid Wenzel, porte-parole de la police de Berlin, il est trop tôt pour tirer des conclusions, bien qu'Ankara accuse le PKK et ses alliés occidentaux d'être à l'origine de toutes ces attaques.

«Il n'y a pas pour le moment de preuves concrètes, mais nous avons évidemment analysé le fait que depuis plusieurs nuits d'affilée des crimes similaires avaient été perpétrés dans différentes régions du pays. Aussi, ne pouvons-nous pas exclure que ces actes aient été concertés d'avance», a relevé le policier.

Selon le ministère allemand de l'Intérieur, 950 crimes de haine contre les musulmans et attaques contre les mosquées ont été recensés en 2017. Depuis le début de l'opération turque contre les forces kurdes dans la ville syrienne d'Afrine en janvier, la situation en Syrie ne cesse d'attiser les tensions entre les communautés kurdes et turques en Allemagne.

Dimanche, la Turquie a appelé les autorités allemandes à appliquer une politique de «tolérance zéro» envers ceux qui sont derrière les incendies. À Ankara, lundi, l'ambassadeur allemand a été convoqué par le ministère turc des Affaires étrangères à propos de ces attaques.
En trois jours, deux mosquées, à Berlin et dans le sud de l'Allemagne, les locaux d'une association germano-turque dans l'ouest et un magasin de légumes tenu par un Turc dans le nord ont fait l'objet d'incendies.

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conflit, Kurdes, attaque, incendie, mosquées, Daily Sabah, Sputnik, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Union des démocrates turcs européens (UETD), Winfrid Wenzel, Burak Altun, Fatih Zingal, Syrie, Ankara, Turquie, Berlin, Allemagne
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