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    Paris a-t-il sollicité l’aide d’Alger sur la question de la tenue des élections en Libye?

    CC BY-SA 4.0 / Yelles / Le Musée des Beaux-Arts d'Alger vu depuis le Jardin d'Essai
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    L'envoyé spécial français pour la Libye s’est rendu le 12 juin à Alger où il s’est entretenu avec le ministre algérien des Affaires étrangères sur le dossier libyen, en particulier sur la mise en application des résultats du sommet de Paris. Des sources diplomatiques ont confié que l’émissaire français aurait demandé de l’aide sur cette question.

    Les résultats du sommet de Paris sur la crise libyenne doivent être mis en application, et ma visite à Alger vise à entretenir «l'étroite concertation de confiance» entre l'Algérie et la France sur la Libye, a déclaré à la presse Frédéric Desagneaux, l'envoyé spécial français pour la Libye, lors de sa visite à Alger, le 12 juin 2018, suite à sa rencontre avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, selon le journal El Moudjahid.

    «J'ai tenu à venir à Alger aussitôt que possible pour poursuivre l'étroite concertation de confiance que la France et l'Algérie entretiennent sur le dossier de la Libye», a déclaré le diplomate français.

    Tout en affirmant que les autorités françaises avaient «beaucoup apprécié» la présence du Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, à ce sommet, le responsable français a affirmé avoir pu échanger avec le ministre algérien «les analyses de la situation [en Libye, ndlr] au lendemain de la conférence de Paris du 29 mai qui a abouti à des résultats très positifs, salués par les autorités algériennes».

    Les résultats positifs auxquels a abouti la conférence de Paris «doivent être concrétisés», a estimé le responsable français en ajoutant que «c'est tout l'enjeu du travail diplomatique, politique qui reste à faire avec les principaux acteurs libyens, avec l'ensemble des partenaires internationaux intéressés concernés par la crise libyenne, en premier chef nos deux pays».

    En conclusion M.Desagneaux a indiqué qu'il s'agit d'un «processus qui va se poursuivre car nous avons beaucoup de travail pour mettre en œuvre les engagements qui ont été pris à la même conférence».

    Des sources diplomatiques algériennes ont confié au journal Al-Araby Al-Jadeed que l'émissaire français pour la Libye serait venu demander l'aide d'Alger pour mettre en application l'accord de Paris concernant notamment l'organisation d'élections présidentielle et législatives prévues en décembre prochain.

    Paris souhaiterait, selon les mêmes sources diplomatiques, que l'Algérie intervienne pour rétablir le dialogue entre les différentes parties libyennes pour les convaincre de respecter leurs engageants pour les échéances électorales fixées à Paris, et qui sont considérées comme le premier pas vers la paix en Libye.

    L'Égypte refuse catégoriquement les résultats du sommet de Paris consacré à la crise libyenne. C'est ce qu'ont confié au journal Al-Araby Al-Jadeed, le 9 juin 2018, des sources diplomatiques égyptiennes faisant partie de la commission chargée du dossier libyen en Égypte, et présidée par l'adjoint du ministre égyptien de la Défense chargé des relations extérieures Mohammed al-Kachki.

    «Le Caire a clairement informé Paris que l'organisation d'élections en ce moment aggraverait les souffrances de la Libye et ne résoudrait pas ses problèmes brûlants», auraient affirmé les diplomates, en précisant que le sommet de Paris était à caractère consultatif et non contraignant.

    Selon les mêmes sources, l'Égypte aurait réaffirmé sa position au commandant en chef de l'Armée nationale libyenne, le maréchal Khalifa Haftar, en soulignant qu'elle serait identique à celle des Émirats arabes unis, qui sont le principal soutien du militaire libyen.

    «L'analyse égyptienne de la crise en Libye considère que les élections permettront aux Frères musulmans* et aux milices armées tribales, qui sont hors de tout contrôle, de s'emparer du pouvoir», auraient-elles ajouté.

    «Le maréchal Haftar, l'Égypte et les Émirats arabes unis n'accepteront pas l'idée d'organiser des élections en Libye, sauf s'ils sont sûrs que le clan de Tripoli et les Frères musulmans* ne réussiront pas à remporter de victoire par les urnes», auraient souligné les diplomates.

    Le 29 mai s'est tenu un sommet à Paris sous l'égide des Nations unies consacré à la résolution de la crise libyenne. Les pays présents à cette rencontre étaient: l'Algérie, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Turquie, l'Italie, Malte, la Chine, la Tunisie, le Maroc, l'Égypte, le Qatar, les Émirats arabe unis, l'Arabie saoudite, le Koweït, le Niger, le Tchad et la République du Congo (représentant de l'Union africaine). Les différentes parties libyennes présentes au sommet se sont engagées à organiser des élections législatives et présidentielle le 10 décembre 2018, selon le communiqué lu à l'issue de la conférence.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    processus de paix, élection présidentielle, élections législatives, Khalifa Haftar, Abdelkader Messahel, Egypte, Libye, France, Algérie
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