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    La Libye impose l'état d'urgence à Tripoli à cause de la recrudescence des violences

    © AP Photo / Mohammed El-Sheikhy
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    Tripoli étant de nouveau en proie à une flambée de violences entre milices rivales, les autorités libyennes ont décrété l'état d'urgence dans la capitale et ses environs après que des heurts ont fait ces derniers jours une quarantaine de morts et plus de cent blessés.

    Le gouvernement libyen d'union nationale siégeant à Tripoli a décrété dimanche l'état d'urgence dans la capitale et ses environs en raison des violences incessantes. Les affrontements opposant depuis plusieurs jours à Tripoli différentes milices qui se qualifient de pro-gouvernementales ont fait, selon un bilan officiel, une quarantaine de morts et plus de cent blessés.

    Selon les médias locaux, les tirs contre un camp de réfugiés à Tripoli, ont fait au moins quatre morts et sept blessés, a annoncé la chaîne Sky News Arabia.

    «Quatre personnes ont été tuées et sept autres blessées dimanche soir quand un obus s'est abattu dans le camp de Fellah abritant des réfugiés de Tawargha», a-t-elle indiqué.

    En outre, quelque 400 prisonniers se sont évadés d'un établissement pénitencier situé près de la capitale libyenne lors des violents heurts, a annoncé pour sa part la chaîne Al-Arabiya.

    «Les détenus ont pu ouvrir les portes et quitter la prison après avoir appris que des affrontements entre milices rivales avaient éclaté près de la prison d'Ain Zara», a annoncé la police.

    La capitale et ses environs sont en proie à des combats acharnés qui ont éclaté le 26 août, quand la Septième Brigade, qui affirme dépendre du ministère de la Défense formé par le gouvernement d'union nationale et dont la quasi-totalité des hommes viennent de la ville de Tarhouna située à plusieurs dizaines de kilomètres au sud-est de Tripoli, a marché vers la capitale, où elle s'est heurtée à des milices tripolitaines, notamment la Brigade des révolutionnaires de Tripoli, qui font partie formellement du ministère de l'Intérieur du gouvernement d'union nationale.

    La Libye est enlisée dans une situation caractérisée par une grande instabilité politique et sécuritaire depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, chassé du pouvoir par une insurrection soutenue par une coalition militaire internationale. Depuis, le pays est partagé en deux centres de pouvoir. À l'Est, à Tobrouk, siège le parlement élu par la population locale. À l'Ouest, dans la capitale Tripoli, se trouve le gouvernement d'entente nationale dirigé par Fayez el-Sarraj, formé avec le soutien de l'Onu et de l'Europe. Les autorités de l'Est agissent indépendamment de Tripoli et coopèrent avec l'Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, qui mène une guerre d'usure contre les djihadistes.

    Cette situation ainsi que le vide sécuritaire qui s'est instauré en Libye ont provoqué la montée de l'activité de milices rebelles et d'organisations terroristes. Vu l'absence d'un pouvoir centralisé et d'une armée unique, la Libye s'est transformée en une plaque tournante de la contrebande et des migrations clandestines d'Afrique vers l'Europe.

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    Tags:
    djihadisme, évasion, prison, émeutes, blessés, morts, violences, état d'urgence, Al-Arabiya, Sky News Arabia, Fayez el-Sarraj, Khalifa Haftar, Europe, Afrique, Tobrouk, Tripoli (Libye), Libye
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