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    De Marseille à Toula: le long chemin d’un pilote de chasse français devenu héros de l’URSS

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    Il y a un siècle, naquît Jacques André, as de l’aviation française décoré du titre de Héros de l’Union soviétique pour ses exploits au sein du célèbre escadron Normandie-Niémen lors de la Seconde Guerre mondiale.

    Marseille, Alger, et enfin Toula: un parcours pas si évident, même pour un pilote militaire. Or, c'est la Seconde Guerre mondiale qui a forcé le colonel Jacques André, né à Paris le 25 février 1919, à entreprendre un tel trajet, qui l'a mené à se voir décerner le titre de Héros de l'Union soviétique.

    Formé à l'école de pilotage d'Étampes, il en est sorti major de promotion alors que l'armée allemande commençait sa conquête du territoire français. Impatient de livrer bataille, il a néanmoins été chargé de rassembler les avions basés dans la région pour les conduire en Afrique du Nord, avant de gagner l'Algérie où il a convaincu le capitaine de compagnie de l'intégrer à une escadrille.

    En juin 1941, le jeune pilote a été réquisitionné pour prendre part aux opérations menées par l'armée de l'air du régime de Vichy contre les troupes britanniques. Pendant un mois, il a ainsi réalisé des missions de couverture et de destruction avant de rejoindre la France libre en Algérie. Pourtant, après le débarquement des Alliés en novembre 1942, son unité a été soumise aux entraînements de la RAF, ce qui s'est avéré peu agréable pour l'aviateur français.

    Il a alors accepté la proposition du général Valin, qui était à la recherche de pilotes pour Normandie. «Nous avions 22-23 ans, nous avions appris un métier, nous étions suffisamment motivés pour ne pas avoir envie de rester à ne rien faire. On nous offrait l'action, on ne pouvait que dire oui», expliquait-il dans un entretien accordé bien plus tard.

    Pour arriver à Moscou, Jacques André a entrepris un long périple via Le Caire et Téhéran. Fin 1943, il a finalement atteint Toula, où était stationné l'escadron, et c'est à Alytous, sur les rives du Niémen, que le pilote français a livré, en juillet 1944, son premier combat et remporté sa première victoire, descendant deux Focke-Wulf 190 allemands.

    Après cette offensive, l'escadron Normandie a été cité dans un ordre du jour de Joseph Staline et pris le nom de Normandie-Niémen, en geste de reconnaissance envers l'intense collaboration des pilotes français et soviétiques. Ayant réalisé une cinquantaine de missions de combat au sein de Normandie-Niémen, Jacques André a reçu en juillet 1945 l'étoile de Héros de l'Union soviétique.

    Ayant regagné la France au lendemain de la guerre à bord de son Yak-3, conformément au souhait de Staline, Jacques André est resté pilote militaire, ignorant la possibilité d'entrer à Air France. Selon ses propres dires, sa présence dans l'Armée de l'air «compte tenu de mon plaisir évident à voler, n'a pas été un travail mais une joie permanente».

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    escadrille Normandie-Niemen, aviation, héros, Iak-3, Seconde Guerre mondiale, Royal Air Force (RAF) britannique, Air France, Joseph Staline, Jacques André, Algérie, France, URSS
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