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    La Ligue arabe et l’UE s’unissent-elles vraiment contre l’Iran?

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    Le secrétaire général de la Ligue arabe a déclaré que l’Iran et la Turquie attisaient les crises régionales et que les pays européens se rendaient bien compte de la nécessité de contrer l’ingérence de Téhéran dans les affaires intérieures des pays arabes. Un politologue iranien a commenté les propos d’Ahmed Aboul Gheit pour Sputnik.

    Des preuves irréfutables attestent que les États-Unis créent eux-mêmes des crises dans la région, accordant un soutien matériel, technique, informationnel et propagandiste aux terroristes et les armant en Syrie, a déclaré à Sputnik le politologue iranien Seyed Hadi Afghahi.

    C'est ce qu'a dit notamment l'interlocuteur de l'agence des propos tenus par le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit sur le rôle que joueraient l'Iran et la Turquie dans les crises régionales.

    «Lors des débats électoraux, Trump accusait Clinton et Obama d'avoir créé Daech* en Syrie. Dans une interview à la BBC, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatari [de l'époque, ndlr] Hamed Ben Jassem a dit que les États-Unis avaient chargé le Qatar et l'Arabie saoudite de participer, avec leur soutien, au renversement du gouvernement d'Assad. Pourtant, l'oiseau s'est envolé du piège du chasseur, il s'agissait d'Assad», a expliqué l'ancien diplomate iranien en poste à Beyrouth.

    Et de rappeler que l'Arabie saoudite était accusée de crimes de guerre, l'une de ses frappes aériennes au Yémen ayant fait près de 300 morts et blessés.

    «L'Arabie saoudite nous menace et déclare qu'elle apportera la guerre en Iran avant que l'Iran ne l'apporte sur le territoire saoudien. Ce sont les paroles de ben Salmane lui-même. Ce sont eux qui attisent les flammes de la guerre dans la région. Israël nous menace régulièrement, déclarant qu'il bombardera l'Iran. Dans le même temps, Ahmed Aboul Gheit accuse l'Iran d'ingérence dans les affaires régionales et ce, sans aucune preuve», a poursuivi le politologue.

    Il a souligné que la présence des troupes iraniennes en Irak et en Syrie était légitime, à la différence de celle des États-Unis, dont l'incursion dans l'est de la Syrie était illégale.

    «Nous avons signé le Plan d'action global conjoint (JCPOA) au nom du calme dans la région, alors que les États-Unis ont rompu cet accord et ont plongé la région dans une nouvelle crise. La stabilité dans la région ne répond manifestement pas aux intérêts des États-Unis et de l'Arabie saoudite. L'Iran, la Russie et la Turquie œuvrent au règlement pacifique du problème syrien. Nous avons tenu des rencontres à Sotchi et à Astana, alors qu'ils ont organisé une rencontre à Varsovie et veulent relancer la tension dans la région. Ces deux conférences se contredisent à 180 degrés. Se cachant sous une belle enseigne, ils font de sales affaires», s'est indigné l'Iranien.

    Quant à l'attitude de l'Europe envers l'Iran, M.Afghahi a estimé que les déclarations du secrétaire général de la Ligue arabe ne pourraient pas avoir un impact dessus.

    «Les Européens et leur représentante Mogherini ont déjà déclaré 13 fois que l'Iran respectait le JCPOA, et que l'Europe devait elle aussi respecter les ententes entérinées. Alors qu'ils se sont réunis à Varsovie pour adopter une résolution anti-iranienne. Lors de la tournée européenne de Mike Pence quand il a essayé de faire pression sur les Européens pour qu'ils se retirent du JCPOA, ils ont répondu ne pas avoir de raisons pour rompre cet accord. À la Conférence de Munich, les États-Unis ont aussi menti au monde. En fait, ce sont leurs troupes, mercenaires et dollars qui "attisent" la crise dans la région», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    Tags:
    accord de Vienne sur le nucléaire iranien (2015), Plan global d'action conjoint (JCPOA), rupture, règlement, conflit, guerre, Daech, BBC, Sputnik, Union européenne (UE), Hamed Ben Jassem, Mohammed ben Salmane Al-Saoud, Ahmed Aboul Gheit, Donald Trump, Seyed Hadi Afghahi, Hillary Clinton, Federica Mogherini, Bachar el-Assad, Barack Obama, Téhéran, Beyrouth, Astana, Qatar, Sotchi, Arabie Saoudite, Turquie, Iran, Yémen, Syrie, États-Unis, Russie
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