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    Des soldats israéliens sur le plateau du Golan (archive)

    La liste des pays condamnant la décision de Trump sur le Golan s'allonge

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    Décision de Trump sur le Golan: réactions et conséquences (15)
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    Après la décision des États-Unis de reconnaître la souveraineté israélienne sur le Golan, plusieurs de leurs alliés leur ont tourné le dos. La Suisse a ainsi emboîté le pas à l'Onu et aux alliés de Washington en Europe et dans le Golfe.

    La Suisse continuera de considérer les hauteurs du Golan comme un territoire occupé par Israël, a déclaré mercredi à la presse russe le porte-parole de la diplomatie suisse, Georges Farago.

    «La Suisse souligne que la déclaration américaine n'exerce aucune influence sur l'applicabilité du droit international, y compris sur la quatrième convention de Genève [sur la protection des personnes civiles en temps de guerre. Ndlr] et sur les droits de l'Homme sur le territoire syrien occupé des hauteurs du Golan», a-t-il indiqué.

    La République helvétique est ainsi venue se joindre à la majorité de la communauté internationale, laquelle a condamné à l'unanimité la signature lundi par le Président américain d'une déclaration reconnaissant la souveraineté d'Israël sur les hauteurs du Golan. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, présent lors de la cérémonie, a salué l'action unilatérale de M. Trump. Les réactions au sein de la communauté internationale, y compris parmi les alliés les plus proches des États-Unis dans le Golfe et en Europe, ont été cependant beaucoup moins enthousiastes.

    Ainsi, l'Arabie saoudite, le Royaume de Bahreïn, le Qatar et le Koweït, les alliés traditionnels de Washington qui hébergent actuellement sur leurs territoires des bases militaires américaines, ont critiqué cette décision.

    «Cela aura des effets négatifs importants sur le processus de paix au Moyen-Orient, ainsi que sur la sécurité et la stabilité de la région», le Golan demeure «une terre arabe syrienne occupée», lit-on dans un communiqué de l'agence de presse officielle saoudienne SPA. Le président du Parlement saoudien, Mishaal bin Fahm al-Salami, a réaffirmé la «position de principe» de Riyad selon laquelle le plateau du Golan est une terre syrienne.

    La Turquie, alliée de l'Otan, a également critiqué Washington. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que les États-Unis avaient «ignoré le droit international» en reconnaissant la souveraineté d'Israël sur ces hauteurs.

    Le Canada a émis des préoccupations similaires. Dans un communiqué, Ottawa a déclaré ne pas reconnaître «la souveraineté israélienne sur le plateau syrien du Golan» et a souligné «qu'il n'a pas changé sa position à ce sujet».

    La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a de son côté déclaré: «Les hauteurs du Golan doivent être déterminées par le biais de négociations entre Israël et la Syrie dans le cadre d'un accord de paix global». «Les positions politiques des États-Unis relèvent du gouvernement américain», a-t-elle ajouté.

    ​La France a annoncé ne pas reconnaître l'annexion israélienne du Golan en 1981, nulle et non avenue. «La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan est contraire au droit international», lit-on dans un tweet de La France à l'ONU.

    ​L'Onu a pour sa part réitéré sa position de longue date selon laquelle l'occupation du Golan par Israël est illégale au regard du droit international. Le secrétaire général Antonio Guterres continuera d'honorer la résolution adoptée en décembre 1981 selon laquelle l'annexion par Israël du plateau du Golan est considérée comme «nulle et non avenue et sans effet juridique international». «Il est évident pour le secrétaire général que le statut du Golan n'a pas changé. La position de l'Onu sur la Syrie est reflétée dans les résolutions appropriées du Conseil de sécurité», a déclaré le porte-parole d'Antonio Guterres, Stéphane Dujarric, lors d'un point-presse.

    Le gouvernement syrien a déclaré que la décision de Donald Trump était une «gifle» pour la communauté internationale, affirmant qu'elle faisait de Washington «le premier ennemi» des Arabes. Cité par l'agence de presse Irna, le Président iranien Hassan Rohani a qualifié M. Trump de «colonialiste». «À un certain moment de l'Histoire, du temps du colonialisme, certaines puissances coloniales ont fait de telles choses et attribué des parties d'un pays à un autre […] mais cela est sans précédent à notre siècle», a-t-il déclaré.

    Pour sa part, Moscou a affirmé que la décision de M. Trump constituait une nouvelle violation unilatérale du droit international. «Cette décision aura certainement des conséquences négatives pour le processus de règlement au Proche-Orient et pour la globalité du règlement politique en Syrie. Personne ne doute de cela», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

    Le plateau du Golan a été en partie occupé par l'armée israélienne lors de la guerre des Six jours en 1967. Il a ensuite été annexé par l'État hébreu en 1981, une annexion non reconnue par les Nations unies.

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    Décision de Trump sur le Golan: réactions et conséquences (15)
    Tags:
    ONU, Marise Payne, Georges Farago, Donald Trump, Mevlut Cavusoglu, Suisse, Arabie Saoudite, Hauteurs du Golan, Israël, Syrie, États-Unis
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