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    Pourquoi les tentatives d’évincer Moscou du marché gazier ne cessent-elles pas?

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    Invoquant le «principe de solidarité énergétique», le Tribunal de l’UE a annulé, à la demande de la Pologne, la décision de la Commission européenne de 2016 qui élargissait l’accès de Gazprom au gazoduc Opal. Selon un député allemand, l’Occident s’applique ainsi à évincer Moscou du marché gazier. Des élus russes le commentent pour le journal RBC.

    Le député du Bundestag Robbie Schlund a déclaré qu’en refusant d’élargir l’accès de Gazprom au gazoduc Opal qui prolonge le Nord Stream et traverse l’Allemagne jusqu’en République tchèque, l’Occident essayait d’évincer la Russie du marché gazier. Selon le membre du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), cette décision «politique» risque en outre de déboucher sur une instabilité énergétique en Allemagne.

    Difficultés pour l’Europe

    Sergueï Kalachnikov, membre du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), s’est déclaré solidaire du parlementaire allemand, estimant que la décision du Tribunal de l’UE était contraire aux intérêts des pays européens eux-mêmes.

    «Cela crée évidemment de nouvelles difficultés pour les consommateurs en Europe. Les objectifs politiques de la Cour européenne se trouvent en contradiction flagrante avec les intérêts des résidents de l’UE. La situation est aggravée par le fait que cette décision a été adoptée à l’approche de l’hiver», a relevé le sénateur russe, cité par le journal russe RBC.

    Une décision notoirement politique

     

    Igor Ananskikh, député à la Douma (chambre basse du parlement russe), estime lui aussi que la décision de la Cour de justice de l’Union européenne est politique, voire discriminatoire.

    «Je compte que le tribunal auprès duquel Gazprom fera appel constatera qu’il n’y a là [de la part de la Russie, ndlr] aucune discrimination politique envers l’Europe», a indiqué M.Ananskikh.

    Et d’espérer que l’approche de marché allait triompher dans cette question.

    La situation concernant le gazoduc Opal

    En décembre 2016, la Commission européenne avait autorisé Gazprom à accroître ses livraisons de gaz vers l’Europe centrale et occidentale, en augmentant le débit du gazoduc Opal. Cela n’a pas plu au gouvernement polonais, qui a alors engagé une action en justice contre cette décision de Bruxelles, affirmant que Gazprom pourrait utiliser Opal pour contourner l'Ukraine et la Pologne et porter atteinte à leur sécurité énergétique.

    Ainsi, Gazprom ne pourra utiliser qu’à moitié le gazoduc Opal, ce qui se répercutera inévitablement sur les livraisons de gaz en Allemagne. La Commission européenne a deux mois pour attaquer en justice l’annulation de sa décision de 2016 par le Tribunal de l’UE.

    Le Nord Stream 2

    Le projet Nord Stream 2 a été mis au point par la société russe Gazprom, en coopération avec les entreprises européennes Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall. Il prévoit la construction d’un gazoduc d’une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes par an, qui reliera le littoral russe à l’Allemagne via la mer Baltique.

    En juin, Gazprom a annoncé que la construction du gazoduc était achevée à 59%. Il doit être mis en exploitation d’ici fin 2019.

    Le projet est critiqué par la Lituanie, la Lettonie et la Pologne, qui le qualifient de politiquement motivé. En outre, le Nord Stream 2 représente une menace pour l’Ukraine qui risque d’être privée des revenus provenant du transit du gaz russe via son territoire. Les États-Unis, qui souhaitent livrer à l’Europe leur gaz naturel liquéfié, s’opposent également au projet.

    Moscou a signalé à maintes reprises que le Nord Stream 2 était un projet purement économique qui répondait aux intérêts européens.

    Tags:
    Gazprom, Alternative pour l'Allemagne (AfD), Bundesrat, Allemagne, Russie
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