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    Des soldats turcs et américains se rencontrent à la frontière turco-syrienne pour une patrouille conjointe américano-turque, près de la ville turque d'Akcakale

    Député turc: «Avec ou sans les USA, nous allons créer un corridor de paix dans le nord de la Syrie»

    © REUTERS / TURKISH DEFENCE MINISTRY
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    Ankara et Washington se sont mis d'accord en août dernier sur la création d'une zone de sécurité dans le nord de la Syrie, mais les États-Unis ne répondent toujours pas à l’attente de la Turquie, a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant le parlement du pays. Un député turc commente la situation pour Sputnik.

    Bien que deux mois se soient déjà écoulés depuis l’accord enregistré entre les États-Unis et la Turquie sur la mise en place d'une zone de sécurité dans le nord de la Syrie, Ankara constate que Washington n’avance toujours pas dans ce sens, ce qui remet en doute la crédibilité de la partie américaine, a relevé à Sputnik Refik Ozen, membre du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) et vice-président de la commission parlementaire pour la défense nationale.

    Ankara remet en doute la crédibilité de ses partenaires américains

    «La situation montre que nos craintes quant aux tergiversations et atermoiements de la part de nos collègues américains se justifient malheureusement», a constaté l’interlocuteur de l’agence.

    Et d’ajouter que la Turquie voudrait évidemment agir de concert avec les Américains pour nettoyer cette région des éléments terroristes, mais en dépit des patrouilles conjointes, nous n’avons toujours pas obtenu le résultat requis, notamment la mise en place dans l’immédiat d’un corridor de paix, large d’une trentaine de kilomètres dans le nord de la Syrie.

    «Avec ou sans les États-Unis, nous allons créer un corridor de paix dans le nord de la Syrie», a martelé le parlementaire.

    Il a rappelé que, dès le départ, la Turquie prônait le maintien de l’intégrité territoriale de la Syrie.

    «Nous avons pour objectif de rendre possible le retour en Syrie de ces quatre millions de ressortissants syriens que nous hébergeons à présent en Turquie. Dans la zone de sécurité, nous voulons construire140 villages à population de 5.000 habitants et 50 agglomérations à population de 30.000 habitants, en y créant un milieu propice», a souligné le parlementaire.

    La Turquie envisage d’installer deux millions de réfugiés syriens dans cette zone de sécurité, large d’une trentaine de kilomètres.

    «Nous voulons mettre en place une infrastructure qui permette à nos frères syriens, accueillis à présent en Turquie, de rentrer chez eux et de vivre sur leur propre terre», a résumé l’interlocuteur de Sputnik.

    Ankara insiste par ailleurs sur le retrait obligatoire de cette région des Unités de protection du peuple kurde (YPG) et du Parti de l'union démocratique (PYD), et réclame son contrôle sur ces territoires.

    Avec plus de 3,6 millions de réfugiés, la Turquie accueille plus de Syriens déplacés par le conflit qu'aucun autre pays au monde, et elle en redoute un nouvel afflux.

    Ces derniers mois, les autorités turques ont été accusées par des ONG d'avoir renvoyé de force des centaines de réfugiés vers la Syrie, mais Ankara évoque des retours volontaires.

    Tags:
    réfugiés syriens, États-Unis, Syrie, Turquie
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