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    Visite de Poutine en Arabie saoudite, 2019

    Une visite qui s'annonce «chère»: sur quoi porteront les pourparlers entre Poutine et le roi saoudien?

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    Le Président russe est de retour en Arabie saoudite à l'invitation du roi. La dernière visite officielle de Vladimir Poutine à Riyad remonte à février 2007.

    C'est ces dernières années que les relations entre l'Arabie saoudite et la Russie ont atteint de nouveaux horizons, soulignent les autorités saoudiennes. Les négociations avec Vladimir Poutine qui est arrivé à Riyad pourraient déboucher sur des contrats commerciaux de plusieurs milliards de dollars.

    Un accueil royal

    Il y a deux ans, le roi saoudien Salmane ben Abdelaziz Al Saoud avait été reçu au Kremlin. Les pourparlers avec le gardien des deux sanctuaires (de la mosquée al-Haram à La Mecque et de la mosquée du Prophète à Médine) visaient à «mettre les points sur les i» au sujet du marché pétrolier et de la coopération militaro-technique.

    La délégation, de presque mille personnes, avait réservé toutes les chambres de luxe dans les hôtels les plus coûteux de la capitale russe. Le roi s'était arrêté au Four Seasons, réseau hôtelier appartenant en partie à son neveu, le prince Al-Walid. Ils avaient même fait venir un escalator mobile pour que le monarque de 81 ans puisse descendre en douceur de l'avion sans marcher. Toutefois, l'escalator s'était arrêté à mi-chemin et le roi avait tout de même dû descendre lui-même.

    Pour Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, monté sur le trône en 2015, il s'agissait de sa première visite en Russie en tant que roi, mais il avait déjà visité Moscou en 2006. Pour sa part, Vladimir Poutine s'est rendu à Riyad une seule fois, il y a 12 ans. Le Président russe avait été accueilli par un salut de canons et une escorte de cavalerie. Des pétales de rose avaient été déposées sur son passage, et des danseurs lui avaient offert une dague en grande pompe. Le monarque avait mis à disposition de l'invité tout un palais. 

    A l'issue de cette rencontre il y a deux ans, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait noté: «C'était une conversation amicale et approfondie basée sur la volonté mutuelle de Moscou et de Riyad de renforcer successivement la coopération mutuellement bénéfique dans tous les secteurs.» Son collègue Abdel ben Ahmed al-Joubeir avait ajouté: «Les relations entre les deux pays atteignent de nouveaux horizons que nous ne pouvions même pas imaginer auparavant.»

    Pour finir, Salmane ben Abdelaziz avait invité Vladimir Poutine. Ce dernier avait promis de se rendre en Arabie saoudite une nouvelle fois, mais sans fixer de délais. Promesse tenue.

    La politique et les affaires à Riyad

    Dans l'intervalle, le Président et le roi ont gardé le contact par téléphone, a-t-on annoncé à la veille du voyage au Kremlin. De plus, Vladimir Poutine rencontrait régulièrement le prince héritier Mohammed ben Salmane, a noté le conseiller du Président russe Iouri Ouchakov. D'après lui, à Riyad les deux dirigeants évoqueront avant tout le renforcement de la coopération dans le secteur énergétique, agricole, industriel et militaro-technique.

    «Bien sûr, il est prévu d'échanger en profondeur leurs avis sur les questions d'actualité internationales en mettant l'accent sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La conversation portera concrètement sur la situation en Syrie, dans le Golfe, au Yémen et sur le processus de paix israélo-palestinien», a déclaré aux journalistes Iouri Ouchakov.

    A Riyad, le programme commencera par la cérémonie de rencontre avec le roi, suivie par le déjeuner officiel en son nom en hommage au chef de l'État russe. Viendront ensuite les pourparlers et la signature de documents communs - plus de trente ont été préparés.

    Vladimir Poutine participera à la première réunion du Conseil économique russo-saoudien, dont font partie des représentants des grandes entreprises des deux pays - une vingtaine de personnes de chaque côté.

    «La coopération en termes d'investissements grandit. Le fonds public de l'Arabie saoudite a alloué 10 milliards de dollars pour les investissements conjointement avec le Fonds russe d'investissements directs (RFPI), il y a un mécanisme de co-investissement. 2,5 milliards de dollars ont été investis au total», a ajouté Iouri Ouchakov.

    Ce dernier a noté que l'an dernier les échanges bilatéraux avaient augmenté de 15% pour dépasser 1 milliard de dollars. Il a été également annoncé hier que les compagnies russes et saoudiennes signeraient dix accords pour les investissements réciproques dans l'agriculture, la production d'engrais, le développement de voies ferroviaires et du secteur pétrochimique pour une somme totale de 2 milliards de dollars.

    Le pétrole

    Les observateurs sont d'avis que les interlocuteurs évoqueront l'accord sur la restriction de la production pétrolière dont la Russie et l'Arabie saoudite sont les principaux acteurs. L'accord OPEP+, signé en 2017, a été prolongé à deux reprises, et les conditions de réduction de la production  ont changé. Les relations entre les deux pays ont commencé à évoluer activement précisément après cet accord. Comme l'a indiqué Sergueï Lavrov, il convient d'inscrire au palmarès général des deux pays une coordination étroite autour de la situation sur le marché mondial du pétrole.

    La conversation pourrait également porter sur l'armement. En septembre, des sites pétroliers saoudiens ont été attaqués par des drones, après quoi la production pétrolière du pays a été divisée par deux. La défense antiaérienne américaine (ou ses opérateurs saoudiens) n'a pas réussi à contrer l'attaque. Washington a accusé l'Iran, alors que la frappe a été revendiquée par les rebelles yéménites Houthis.

    «Il suffit aux autorités politiques de l'Arabie saoudite de prendre une sage décision étatique, comme l'ont fait à l'époque les dirigeants iraniens en achetant des S-300 russes, puis le Président turc Recep Tayyip Erdogan, en achetant à la Russie les nouveaux systèmes S-400», avait déclaré à l'époque Vladimir Poutine. Ce dernier a également affirmé que Moscou était prêt à contribuer au règlement des différends entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

    Au niveau supérieur

    «Je suis certain que la réunion russo-saoudienne au sommet donnera une forte impulsion supplémentaire à notre partenariat diversifié, contribuera à la faire passer au niveau supérieur et renforcera l'entente entre les deux peuples», a déclaré Sergueï Lavrov aux médias arabophones.

    Le chef de la diplomatie russe a rappelé que la Russie et l'Arabie saoudite étaient partisanes d'une lutte intransigeante contre le terrorisme: «Nous savons, à nos propres dépens, le malheur et les destructions causés par l'idéologie extrémiste, c'est pourquoi nous ne ruseront jamais, nous ne séparerons pas les radicaux en bons et mauvais, nous ne les utiliserons pas à des fins égoïstes».

    Selon le ministre russe, les deux pays possèdent un grand potentiel de renforcement non seulement dans le secteur énergétique et agricole, mais également dans les technologies de pointe.

    La visite officielle de Vladimir Poutine aux Émirats arabes unis est prévue le mardi 15 octobre.

    «Après un entretien au format étroit et élargi, Poutine et le Président émirati Khalifa ben Zayed Al Nahyane rencontreront les représentants des milieux d'affaires russes et émiratis, autrement dit le programme est approximativement le même que la visite en Arabie saoudite», a déclaré Iouri Ouchakov. Selon lui, les échanges bilatéraux ont augmenté l'an dernier de 3,6% pour atteindre 1,7 milliard de dollars.

    «Il y a également des progrès dans les investissements: le RFPI a déjà réalisé avec le fonds souverain émirati Mubadala plus de 45 transactions pour un total de 2,3 milliards de dollars, et il est prévu d'élargir le portefeuille d'investissements jusqu'à 7 milliards», a ajouté Iouri Ouchakov.

    Le représentant du Kremlin a également noté que les Émirats arabes unis étaient une destination populaire auprès des touristes russes, dont le nombre a augmenté de 23% l'an dernier. D'autant que les Émirats sont en tête parmi les pays du Golfe en matière d'échanges avec la Russie.

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