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La Maison-Blanche a menacé de droits de douane supplémentaires la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne si ceux-ci n’enclenchaient pas une procédure contre l’Iran pour violation de l’accord sur le nucléaire. Une information que la ministre de la Défense allemande a confirmé ce jeudi 16 janvier.

Dans la jungle des relations internationales, c’est la loi du plus fort qui prime et Donald Trump l’a bien compris. Le Washington Post révèle ce 15 janvier que, la semaine précédente, Donald Trump a menacé la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne (groupe E3) d’imposer des barrières tarifaires supplémentaires sur un secteur crucial des économies de ces pays, s’ils n’accusaient pas l’Iran de violations de l’accord sur le nucléaire.

En effet, l’administration a menacé d’imposer des tarifs de 25% sur les exportations automobiles de ces pays vers les États-Unis afin que ceux-ci agissent dans le sens de sa politique de «pression maximum». Quelques jours plus tard, les trois pays européens accusaient publiquement l’Iran de violations de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 et ont enclenché le mécanisme de règlement des différends (MRD) de l’accord international sur le nucléaire iranien, conclu à Vienne en 2015.

​La véracité de cette menace a d’ailleurs été confirmée par Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre allemande de la Défense, lors d’une conférence de presse à Londres: «Cette menace existe», a-t-elle indiqué. C’est un coup de force qui, selon le journal américain, n’avait pas vraiment lieu d’être. Les signataires européens de l’accord avaient déjà envisagé d’enclencher le mécanisme de règlement des différends présent dans l’accord, mais ne l’avaient pas fait savoir publiquement.

Une tactique pas fondamentalement nécessaire, donc, et qui a pour dommage collatéral de creuser le fossé qu’il y avait déjà entre les États-Unis et ses alliés européens.

«La menace d’imposer des droits de douane est une tactique mafieuse et ce n’est pas comme ça que les relations entre des pays alliés devraient fonctionner», explique au Washington Post Jeremy Shapiro, directeur de recherche au European Council on Foreign Relations.

​D’autant que cela sert le discours provenant de Téhéran, qui suppose que les Européens sont totalement à la solde des États-Unis et n’ont aucune marge de manœuvre en termes de politique étrangère vis-à-vis du géant américain. Le ministre des Affaires étrangères iranien Javad Zarif s’en est d’ailleurs donné à cœur joie sur Twitter après les révélations du Washington Post:

«Apaisement confirmé. E3 a vendu des restes de l’accord sur le nucléaire pour éviter de nouveaux tarifs Trump. Ça ne marchera pas, mes amis. Vous ne faites qu’aiguiser son appétit. Vous souvenez-vous de la petite frappe de votre lycée? Si vous voulez vendre votre intégrité, allez-y. Mais N’ASSUMEZ PAS une hauteur morale, juridique élevée. VOUS NE L’AVEZ PAS.»

Des révélations qui ne risquent pas d’apaiser les tensions existantes entre Iraniens et Occidentaux, mais qui risquent surtout de venir nourrir le sentiment à Téhéran que le camp occidental ne parle que d’une seule voix, celle des États-Unis, et les Européens n’ont pas d’indépendance vis-à-vis de Washington.

Depuis l’investiture du Président Trump en 2016, l’accord sur le nucléaire iranien s’effrite petit à petit, à mesure que les États-Unis réimposent des sanctions sur l’Iran, qui réplique en s’affranchissant de plus en plus des règles fixées par l’accord. 

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