International
URL courte
5257
S'abonner

Une intervention policière survenue en 2018, dont la vidéo a refait surface à l'initiative de la veuve de l'homme interpellé, fait l'objet d'une enquête en Belgique, la conduite des agents ayant été jugée «inacceptable». Lors d’une intervention, une policière a fait un salut hitlérien.

Le ministère belge de l'Intérieur a promis jeudi 20 août de faire toute la lumière sur une intervention policière «inacceptable» pour maîtriser un passager en 2018 à l'aéroport de Charleroi, au cours de laquelle une fonctionnaire en uniforme a fait un salut nazi, a déclaré un porte-parole à l'AFP.

Un homme de nationalité slovaque, Jozef Chovanec, était tombé dans le coma après un arrêt cardiaque au cours de cette intervention et il était mort quelques jours plus tard à l'hôpital.

Lenteur de la justice

L'affaire remonte à la nuit du 23 au 24 février 2018, quand ce passager sur le point d'embarquer à Charleroi pour un vol à destination de Bratislava avait été interpellé par la police et placé en cellule en raison d'un comportement agité.

Elle a refait surface le 19 août, car une séquence vidéo inédite a été diffusée par un média belge, à l'initiative de la veuve de la victime dénonçant la lenteur de la justice à déterminer les causes exactes du décès.

Sur ces images de vidéosurveillance, il est possible de voir l'homme saignant abondamment du visage après s'être tapé la tête contre un mur, au bout de plusieurs heures de privation de liberté.

Salut hitlérien

Il s'ensuit une intervention pour le maîtriser puis le menotter, lors de laquelle l'un des fonctionnaires de la police fédérale, alors que six au total interviennent, s'assoit sur l'homme plaqué à plat ventre sur un matelas.

Certains semblent s'amuser de la situation et une policière, debout légèrement en retrait, effectue brièvement un salut hitlérien, toujours selon ces images d'une caméra placée dans la cellule.

«Les images sont choquantes, le comportement des policiers est inacceptable», a déclaré à l'AFP Erik Eenaerts, porte-parole du ministre de l'Intérieur Pieter De Crem.

Il a assuré que M.De Crem, à ce poste depuis décembre 2018, avait découvert ces images mercredi seulement, tout comme la direction de la police fédérale.

«On a demandé à la police fédérale de faire la clarté à 100% sur cet incident et de mener une enquête disciplinaire parallèlement à l'enquête judiciaire en cours», a ajouté le porte-parole.

Selon la procureure de Charleroi, Sandrine Vairon, une juge d'instruction avait été saisie de l'enquête dans la foulée de la plainte avec constitution de partie civile déposée le 27 février 2018 par la veuve de M.Chovanec.

L'enquête a été ouverte pour «coups et blessures volontaires», car à ce moment-là M.Chovanec n'était pas décédé, a affirmé Mme Vairon à l'AFP.

«C'est un fait, monsieur est décédé, il y aura une requalification juridique c'est évident», a ajouté la procureure, sans préciser si des policiers avaient déjà été inquiétés dans l'enquête.

Policière déplacée

Quant à la policière auteure du salut nazi, «elle a été déplacée et mise dans un service où elle ne rentre pas en contact avec le public», selon Erik Eenaerts.

Par la suite, le numéro deux de la police fédérale belge a annoncé quitter ses fonctions le temps d'une enquête interne. André Desenfants est depuis décembre 2017 le patron de la direction générale de la police administrative (DGA) qui coiffe notamment la police des transports en Belgique (rail, navigation, aviation).

Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, il s'est dit «profondément affecté», «choqué» par les images de l'intervention.

Lire aussi:

Marine Le Pen dévoile le nom de son ministre de la Justice en cas de victoire en 2022
L’UE réagit aux sanctions contre l’Iran rétablies unilatéralement par les États-Unis
Des policiers visent la foule lors d’un contrôle de masque qui dégénère à Paris - vidéo
Notre-Dame: les experts forestiers jugent la nouvelle charpente en chêne «résolument moderne» - vidéo
Tags:
Belgique, salut nazi, police, intervention
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook