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L’accord de cessez-le-feu entre les parties politiques rivales en Libye sauvera-t-il le pays ou est-il déjà mort-né? Les autorités politiques de Tripoli et Tobrouk, dont l’entente est déjà très fragile, voient les menaces du maréchal Haftar et de son armée, encore soutenue par les Émirats arabes unis, planer sur cette possible paix. Analyse.

Quelques heures après avoir été annoncés, le cessez-le-feu et les futures élections en Libye sont déjà fortement menacés. En effet, l’Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Haftar, a rejeté, ce 24 août, l’entente entre le Gouvernement d’union nationale de Tripoli (GNA) et le Parlement de Tobrouk auquel ils ont pourtant prêté allégeance. Pour justifier son refus de déposer les armes et d’entrer dans une phase de conciliation, Haftar a qualifié l’accord de «coup médiatique», affirmant que les forces affiliées au GNA et soutenues par la Turquie préparaient une attaque contre la ville de Syrte, nœud gordien situé sur la ligne de front.

Depuis la déroute de son offensive contre Tripoli en juin dernier, ce «seigneur de guerre» est en perte de vitesse. En effet, comme l’explique Jalel Harchaoui, chercheur à l’Institut des Relations Internationales Clingendael de La Haye, aux Pays-Bas, et spécialiste de la Libye, Khalifa Haftar semble avoir perdu de nombreux soutiens, en premier lieu celui de l’Égypte, qui s’est réjouie de l’annonce du cessez-le-feu.

Cependant, le maréchal Haftar conserve des moyens de pression. Outre le contrôle d’une armée, il a la mainmise sur la majorité des champs pétroliers de la Libye, qu’il bloque depuis des mois, notamment dans le but de déstabiliser les politiques et d’entraîner la révolte des populations. De plus, les Émirats arabes unis, autre grand acteur dans ce conflit, pourraient encore compter sur Haftar et vouloir s’appuyer sur lui pour éviter l’installation de l’islam politique au pouvoir à Tripoli, principal objectif d’Abou Dhabi.

Plus d’explications dans ce nouveau Désalliances en bref.

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Tags:
élections, cessez-le-feu, États-Unis, Russie, Egypte, Fayez el-Sarraj, Khalifa Haftar, gouvernement libyen d'union nationale (GNA), Armée nationale libyenne (ANL), Tripoli (Libye), crise libyenne, Libye
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