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Présidentielle 2020 aux États-Unis (115)
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Si Donald Trump perd, gare aux membres de son Administration. Ils pourraient se voir refuser un emploi ou un crédit, simplement pour l’avoir financé ou avoir travaillé pour lui. C’est la menace que brandit le groupe «Trump accountability project», dont certains anciens officiels Démocrates seraient membres.

Depuis plusieurs mois, Joe Biden répète sans cesse qu’il a une mission prioritaire en cas d’élection, soigner l’Amérique, mais cette posture semble loin de faire l’unanimité dans son camp.

Beaucoup de personnes demandent des comptes et ne veulent pas, au nom de l’union sacrée, oublier ceux qui ont aidé ou travaillé avec Donald Trump. Certains d’entre eux veulent que ceux qui ont, selon eux, «encouragé le racisme, l’antisémitisme, et causé par négligence des pertes de vies humaines et un désastre économique» en paient le prix.

C’est le cas d’un groupe qui se fait appeler le «Trump accountability project». Sur son site, il réalise des listes d’individus «qui ont élu Trump, qui ont travaillé dans son Administration ou qui l’ont financé.» Le groupe indique également qu’il ne les laisseront pas «profiter de leur expérience» au sein de cette Administration, les empêcheront de trouver du travail, et les humilieront.

Certains responsables Démocrates jettent de l’huile sur le feu

Ce projet n’aurait certainement pas fait de vagues si ce groupe était resté dans les tréfonds d’Internet, mais le problème, c’est que certains responsables Démocrates ont repris la rhétorique du groupe à leur compte, à commencer par l’élue Alexandria Ocasio-Cortez, qui tweetait ceci le 6 novembre:

​«Est-ce que quelqu’un archive ces flagorneurs de Trump pour le moment où ils essaieront de minimiser ou de nier leur complicité à l’avenir? Je prévois une probabilité raisonnable de voir de nombreux Tweets, écrits et photos supprimées à l’avenir.»

De surcroît, certains responsables Démocrates feraient partie cette initiative. En atteste ce tweet de Michael Simon, depuis supprimé, mais dont la capture d’écran est toujours en circulation, qui présente le site et conclut sur une invitation à rejoindre le projet.

​Selon Fox News, qui relaye l’information, Emily Abrams, ancienne membre de l’équipe du candidat à la primaire Démocrate Pete Buttigieg, serait aussi l’un des fers de lance de cette initiative.

Des «purges»? «Cela devrait certainement effrayer le peuple américain»

Le fait que des responsables politiques d’envergure souscrivent à cette démarche inquiète aussi bien les nouveaux que les anciens membres de la Maison-Blanche, confie à Politico un officiel de l’Administration Trump:

«C’est terrifiant qu’un membre du Congrès en exercice demande une telle chose. Je crois qu’il y a une vie après la politique pour les responsables de l’Administration Trump, mais l’idée qu’un membre du Congrès en exercice veuille nous purger de la société et nous ostraciser devrait effrayer le peuple américain. Cela devrait certainement effrayer le peuple américain plus que cela ne m’effraie […] Cela peut commencer avec les responsables de Trump, mais que se passe-t-il s’ils vont plus loin?»

En effet, ces menaces ne concernent pas exclusivement les individus ayant eu des responsabilités majeures dans le gouvernement Trump. Un simple stagiaire pourrait ainsi se voir mis sur liste noire alors qu’il cherche une bourse universitaire ou un emploi, pour la simple et bonne raison qu’il a effectué un stage à la Maison-Blanche.

D’autant que les sympathisants Démocrate les plus progressistes n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière. En 2019 déjà, en pleine controverse médiatique sur la séparation des familles d’immigrés, des associations pro-immigration et des membres d’associations de droits civiques avaient établi des listes d’officiels de la Maison-Blanche qui étaient liés de près ou de loin à cette séparation des familles.

Ces associations avaient envoyé ces listes aux PDG des 500 plus grandes compagnies américaines pour qu’elles n’engagent en aucun cas les personnes listées: «Certaines de ces personnes ont quitté l’Administration au cours des derniers mois», indique la lettre aux PDG. «Quelle que soit la date de leur départ, elles ne devraient pas être autorisées à trouver refuge dans vos salles de conseil d’administration ou vos bureaux. Les autoriser à passer la porte tournante pour se retrouver dans vos bras accueillants ne devrait pas avoir lieu.»

Donald Trump, sur le départ pour éviter la chasse aux sorcières?

Dans un contexte complètement différent, Donald Trump évoquait, sur le ton de la plaisanterie, qu’en cas de défaite il quitterait peut-être le pays.

«Pouvez-vous imaginer si je perds? Qu’est-ce que je vais faire? […] Je ne vais pas me sentir très bien. Je vais peut-être devoir quitter le pays. Je ne sais pas», ironisait-il lors d’un meeting dans l’État de Géorgie le 16 octobre.

Même si cette phrase a été prononcée avec légèreté, difficile d’imaginer que l’idée ne lui a pas traversé l’esprit s’il était amené à perdre, compte tenu de la haine qu’il suscite au sein du parti Démocrate et à gauche en général. En tout cas, si Trump n’est finalement pas défait, et qu’il ne part pas, il devrait s’entourer de très bons avocats, car il est sûr que certains chercheront à le mettre en cause dans des affaires.

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