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Comment l’Union européenne et ses pays membres devraient-ils réagir aux crises sociales, géopolitiques, environnementales et sanitaires qui les frappent? Analyse de Karin Kneissl, ancienne ministre des Affaires étrangères de l’Autriche, au micro de Rachel Marsden. 

L’Europe est confrontée à des menaces existentielles, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. Il est peut-être temps de regarder les choses en face.

Le divorce avec le Royaume-Uni ne se passe pas très bien. Il y a aussi le problème civilisationnel qu’Emmanuel Macron a qualifié de «séparatisme islamiste». Après des années passées à se rapprocher des sponsors étatiques de l’islamisme radical et à fermer les yeux sur d’énormes problèmes d’intégration, Paris semble paniquer, ferme des mosquées soupçonnées de promouvoir l’islam radical, voire le terrorisme, et dépose une nouvelle loi pour défendre les valeurs laïques de la France. Trop peu, trop tard?

Enfin, il y a l’effort de l’Union européenne pour se positionner intelligemment entre les États-Unis et la Russie, malgré la pression des sanctions américaines.

Comment l’Europe pourrait-elle tracer une voie fructueuse et indépendante pour son avenir? Karin Kneissl, ancienne ministre des Affaires étrangères autrichienne, explique que les pays du Golfe restent des clients de l’Occident. Ceci malgré le fait qu’il y a eu une prise de conscience à propos de l’Arabie saoudite à la suite des attentats contre les États-Unis du 11 septembre 2001, pour lesquels la majorité des djihadistes ont été identifiés comme saoudiens, ce qui a «choqué»:

«Cette perception de l’Arabie saoudite par Washington en 2001 a mené entre autres à la guerre contre l’Irak, parce qu’on voulait en fait détruire le régime de Saddam Hussein pour se créer un autre partenaire, disons plus loyal, plus contrôlé, que l’Arabie saoudite. Et entre-temps, on a vu que l’Irak était devenu un pays sous contrôle iranien et pas le grand partenaire que l’on voulait créer avec cette sale guerre.»

Comment l’Union européenne se positionne-t-elle dans la lutte entre les grandes puissances et notamment face à la Russie? L’analyse de l’ancienne ministre des Affaires étrangères autrichienne n’est guère encourageante:

«C’est déplorable, mais jusqu’à maintenant, au sein de l’Union européenne, on ne s’est pas encore mis d’accord pour travailler avec la Russie sur un tas de dossiers, que ça soit le terrorisme, l’immigration, etc. Au lieu de collaborer entre nous tous, parce que nous avons des choses à partager et une géographie qui nous unit, on méconnaît les véritables défis et moi je disais toujours que le véritable défi, c’est la Chine et on ne devrait pas gaspiller le temps en antagonisant la Russie.»

Karin Kneissl identifie ce qui serait, d’après elle, le plus grand défi auquel l’Europe devra faire face à l’avenir:

«La question sociale. Et je le disais avant cette pandémie. À mon avis, on a un retour de la question sociale. On a vu ça avec la révolte des Gilets jaunes en France et vous avez un gilet jaune aussi dans chaque voiture allemande, autrichienne, et nous avons une agglomération de crises.»

Bruxelles promeut un programme environnemental ambitieux qui ne laisse pas Karin Kneissl indifférente:

«J’ai publié un livre sur le changement de la mobilité au mois de septembre, dans lequel j’avertis sur les cinq à huit millions d’emplois techniques que l’on risque de perdre maintenant avec le "Green Deal". On ne devrait pas forcer l’agenda tel qu’on le force actuellement, déjà pour des raisons de révolte sociale.»

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Tags:
Union européenne (UE), COP 21
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