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Avec une Cop prévue pour novembre, 2021 sera une année décisive pour le climat. C’est du moins ce qu’en attendent les écologistes, malgré les annonces des gouvernements de par le monde. L’objectif reste le même : éviter une hausse incontrôlable des températures pour le siècle à venir. Un pari qui est loin d’être gagné.

Dans tous les agendas écologistes, rendez-vous est pris. La prochaine grande rencontre pour le climat aura lieu du 1er au 12 novembre à Glasgow en Écosse. Cette vingt-sixième conférence annuelle de l’ONU, initialement prévue pour 2020, n’avait pas résisté à la crise du Covid qui avait contraint les organisateurs à la reporter. Cinq ans après la Cop 21, considérée comme un «échec» puisque les objectifs fixés n’ont pas été atteints, l’heure est au bilan et surtout aux espoirs. Des espoirs de voir aboutir ce grand évènement, notamment depuis les dernières annonces inquiétantes pour l’avenir de la planète bleue.

​Le dernier rapport annuel provisoire de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) soulignait au mois de décembre la «progression inexorable» du «changement climatique» pour l’année écoulée. 2020, une année rouge donc, en passe de grimper sur le podium des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Le secrétaire général de l’organisation, le Finlandais Petteri Taalas, évoquait une «année extraordinaire pour notre climat», en deuxième position, après 2016 et devant 2019.

«La température moyenne mondiale en 2020 devrait être supérieure d’environ 1,2°C à sa valeur préindustrielle (période 1850-1900). Il y a au moins une chance sur cinq qu’elle dépasse temporairement 1,5°C d’ici à 2024», alertait le secrétaire général de l’OMM.

C’est d’ailleurs toute la décennie 2011-2020 qui a été la plus chaude jamais enregistrée à ce jour, selon le même rapport. Dans cette ambiance pessimiste, alimentée par des études toujours plus alarmantes, la Cop 26 se présente comme l’ultime chance d’inverser la courbe de la hausse des températures.

Pourquoi s’inquiéter d’une hausse de 2 ou 3°C ?

Rapport sur rapport, la hausse des températures n’est toujours pas infléchie. Et 2021 n’annonce rien de bon! Le rapport annuel 2020 du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) avait déjà signalé cet échec. Le maintien d’une hausse des températures mondiales sous le palier des 2°C visé par les Accords de Paris de 2015 serait dès lors caduc. Même son de cloche du côté du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC). L’instance envisage plusieurs scénarios, qui vont d’une hausse de 2°C à un bond de 5°C d'ici à 2100. Le scénario le plus probable reste celui d’«une augmentation catastrophique» de plus «de 3°C au cours de ce siècle».

Des données qui n’auraient pas encore été suivies d’une prise de conscience nette des dégâts encourus pour la planète et ses habitants. C’est du moins ce qu’avance l’ingénieur et consultant Jean-Marc Jancovici dans un récent entretien à ODDO-BHF, un groupe financier franco-allemand. Pour ce spécialiste de l’énergie et du climat, les dégâts écologiques n’augmentent pas de façon linéaire et proportionnelle à la montée du mercure.

«Une élévation de température pour la planète dans son ensemble ne provoque pas des dégâts proportionnels à cette hausse de degrés. 2C° en plus ne signifie pas deux fois plus graves que 1°C : ce sera peut-être mille fois ou dix mille fois plus grave», avertit Jean-Marc Jancovici.

Dans cet entretien, l’auteur de Dormez tranquilles jusqu’en 2100 (éd. Odile Jacob) illustre son propos en comparant le cas du corps humain avec celui de la Terre. Pour notre organisme, une «élévation de sa température interne de 1°C», empêche simplement «d’aller au bureau le matin». Or, si «l’élévation monte à 5°C», «ce n’est pas cinq jours de bureau qui sont ratés», car «on est mort». Notre planète répondrait donc à cette même logique d’absence de linéarité dans la catastrophe.

Des États à la traîne pour 2021?

Les «espoirs» engendrés par le ralentissement économique dû à la crise sanitaire sur la baisse mondiale de la pollution n’ont pas tenu. Il est vrai qu’une chute de 7% des émissions de CO2 d'origine fossile en 2020 avait été attestée par le bilan du Global Carbon Project (GCP), organisme évaluant les émanations de gaz à effet de serre au niveau mondial. Sans même évoquer le rebond prévisible d’après crise, l’OMM rappelait au mois de novembre que cet «impact sur les concentrations de CO2» n'est en fait «pas plus important que les fluctuations normales d'une année sur l'autre du cycle du carbone». En d’autres termes, la durée de vie du CO2 dans l’atmosphère contraint à une irréversibilité du changement climatique.

​Le secrétaire général de l’OMM enjoignait donc les gouvernants à «des efforts supplémentaires». En France, la récente décision d’Emmanuel Macron de soumettre la révision de l’article 1 de la Constitution au référendum n’a pas rencontré un grand succès. Le Président souhaitait graver dans le marbre la défense du climat et la préservation de l’environnement. Désormais, depuis l’élection de Joe Biden aux États-Unis, les militants écologistes regardent davantage vers l’Ouest et Washington. Au mois de novembre dernier, le prochain Président américain prenait l’engagement de réintégrer les États-Unis dans l’accord de Paris, dénoncé par Donald Trump. Un retour qui devrait avoir lieu dans le courant du mois de février 2021.

La Chine également, premier émetteur de gaz à effet de serre, s’est engagée au mois de décembre dernier à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060. Pour autant, l’ONU révélait récemment que, au 1er janvier 2021, à peine soixante-dix États sur près de deux cents avaient soumis à l’organisme la révision de leurs engagements climatiques futurs. Le changement, donc, mais sans précipitation.

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Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), climat, COP 21
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