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Alors que les relations russo-américaines sont au plus bas et que Washington prévoit de décréter de nouvelles sanctions contre la Russie pour sa prétendue ingérence dans les élections américaines, le Kremlin a évoqué une éventuelle déconnexion du pays de SWIFT.

Le désir de certains pays de décréter des sanctions contre Russie monte, ce qui fait qu’aucune menace dans ce domaine ne peut être exclue, a déclaré aux médias le porte-parole du Président russe, Dmitri Peskov, commentant l’éventualité d’une déconnexion du système bancaire russe du réseau international SWIFT.

«Nous ne pouvons exclure aucune des potentielles menaces, vous voyez que les prétentions de nos opposants, notamment des États-Unis, à nous imposer des sanctions vont de l’avant et suivent un mouvement ascendant. Ces actions revêtent un caractère infondé et imprévisible et cette situation nous oblige à rester vigilants», a-t-il indiqué aux médias, commentant une éventuelle déconnexion de la Russie du système.

Lors d’une conférence de presse, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a annoncé la prochaine introduction de sanctions contre Moscou.

L'administration Biden devrait annoncer «dès la semaine prochaine» de nouvelles sanctions contre la Russie liées à sa prétendue ingérence électorale aux États-Unis, ont déclaré la veille à CNN trois responsables du département d'État, sans préciser quelque détail que ce soit.

Renforcer «l’autonomie technologique»

Le ministre russe des Affaires étrangères a également soulevé le sujet, affirmant que la situation actuelle dans le monde poussait à abandonner l'utilisation des systèmes de paiement internationaux contrôlés par l'Occident.

«Il faut réduire les risques de sanctions en renforçant son autonomie technologique, en passant aux règlements en monnaies nationales et mondiales autres que le dollar», a-t-il affirmé aux médias de Chine où il est en visite.

Le dossier déjà évoqué

Le sujet avait déjà été soulevé en décembre dernier. Évoquant la cyberattaque contre des réseaux gouvernementaux américains imputée alors à Moscou par plusieurs responsables de la Maison-Blanche, un expert russe avait estimé que l’administration Biden pourrait s’en servir comme prétexte pour décréter de nouvelles restrictions contre la Russie, notamment déconnecter le pays de SWIFT. Il a toutefois rappelé que certains pays étaient d’ores et déjà coupés de SWIFT, notamment l’Iran, mais continuaient de commercer.

Dès novembre 2018, la Russie a annoncé travailler avec ses principaux partenaires sur des systèmes de paiements interbancaires ne dépendant pas du réseau SWIFT.

SWIFT a été fondée en 1973 par 239 banques de 15 pays qui se sont réunies pour régler le problème de la communication entre elles sur les paiements transfrontaliers. Au moment de la mise en service de SWIFT, quatre ans plus tard, 518 institutions de 22 pays étaient connectées aux services de sa messagerie.

Aujourd’hui, les produits et les services de SWIFT «connectent plus de 11.000 organisations bancaires et de titres, infrastructures de marché et entreprises clientes dans plus de 200 pays et territoires, leur permettant de communiquer et d'échanger des messages financiers», indique la société sur son site.

 

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Tags:
sanctions, États-Unis, Russie, SWIFT
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